samedi 14 juillet 2007

...et la jupe de Gilbertte


Depuis que j'ai perdu tout espoir, je me sens mieux; ne me faites part de ce qui se passe dehors,je suis fatigué de tellement m'être alimenté d'espoir...
Je ne veux qu'un verre de thé, si vous me donnez quelques morceaux de sucre, vous me faites un grand service; ah, n'oubliez pas de m'apporter une chaise, je veux lire mon journal...
Dites aux geôliers d'arroser mes géraniums, je les ai plantés, comme les fleurs de la jupe de Gilbertte, sur la pelouse, à côté de grands tournesols penchés de timidité; mes joues sont encore chaudes des derniers baisers de Gilbertte; ah, que sa jupe rouge à fleurs me manque!
Ma cigarette à peine commencée, on vient me chercher, je leur dis que je n'ai pas encore rencontré mon Gilbertte, que je ne l'ai pas encore embrassée comme autre fois...
On a refermé la porte, on m'entraîne je ne sais pas où...
J'entends une suite de bruits secs, on dirait des coups de fusil, on a crié:(( feu))....je suis par terre, je sirotte le goût du sang, je pense toujours à la jupe de Gilbertte, les tournesols de sa jupe se sont déjà tournés vers l'ouest, je vois le coucher du soleil, et un homme barbu qui vient me donner le coup de grâce; mes joues sont toujours chaudes des derniers baisers de Gilbertte...



Vahid

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