mercredi 30 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La quatrième (la dernière) partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Le jeune homme : allez-y !
_ Inconnu : "une fois, j'avais comme vocation de faire mourir un cavalier arabe et c'était une tâche bien difficile; parce que à l'époque les cavaliers arabes étaient renommés pour leur bravoure et leur vaillance. Néanmoins je me suis déguisé en arabe et j'ai pénétré dans leur caravane. Or, je n'avais aucune idée pour accomplir ma mission.
Durant une nuit, je suis entré dans leur camp et heureusement j'ai trouvé ledit Arabe seul et somnolant; ses compagnons venaient de sortir pour faire une promenade nocturne. Dès que je me suis décidé à faire un geste, il ouvrait ses yeux et m'a demandé avec méfiance qui j'étais. Après l'avoir calmé, j'ai commencé peu à peu à me présenter et une fois ma vraie identité révélée, j'ai bien constaté la peur dans le visage de cet homme; et puis il s' est mis à grelotter.
Vous voyez, quand les hommes se trouvent face à la mort, même les plus braves, n'arrivent pas à dissimuler leur crainte. A propos, vous n'avez pas peur de moi ?
_ Le jeune homme : (secouant la tête) Je crois que non.
_ Inconnu : savez-vous exactement pour quelle raison je me suis adressé à vous ?
_ Le jeune homme : parbleu ! Pour me faire mourir.
_ Inconnu : (avec surprise) et alors ?
_ Le jeune homme : (tristement) vous savez; depuis que je me suis fait désillusionner dans mon amour, je n'ai plus rien à perdre. Aussi, je me sens prêt à mourir à chaque instant de ma vie.
_ Inconnu : comme l'être humain est étrange et incompréhensible!
_ Le jeune homme : (un peu gêné) revenons à nos moutons. Quelle était la réaction de cet arabe ?
_ Inconnu : ah, oui ! (Sérieux) par crainte, il voulait se défendre à tout prix; c'est pour quoi il m'attaquait avec son cimeterre. Apaisant la situation, j'étais obligé de sortir et ensuite de prendre une autre initiative beaucoup plus efficace. Alors, je ne savais plus ce que je devrais faire. Mais enfin, une idée m'a brusquement surgi à l'esprit !
_ Le jeune homme : laquelle ?
_ Inconnu : tous les hommes ont au moins un point faible et cet arabe, malgré son apparence intrépide, était gravement craintif devant la mort que je suis !
_ Le jeune homme : et puis ?
_ Inconnu : je lui ai donné l'illusion de ma présence perpétuelle et désormais, il croyait que je l'accompagnait toujours et partout; il n'arrivait même pas à dormir pendant huit nuits et par une crise de conscience il a fini par se suicider. (Avec humour) c'est la logique de l'homme; pour m'échapper, il s'est jeté dans le bras de la mort ou bien pour échapper à la mort, il s'est jeté dans mon bras ! …
(Après avoir passé à peine une heure)
_ Inconnu : (à part) voilà la réception dont il était l'un des invités ! J'ai enfin pu effectuer ma tâche. (Réfléchissant : toujours à part) ce qui me paraît curieux, c'est que ce jeune homme n'a point résisté. En effet, c'est l'une des plus faciles et la plus agréable de mes missions. Mais il avait encore de la chance; puisque, au dernier moment, transgressant la loi céleste, j'ai réalisé son vœu de pouvoir voir une autre fois sa bien-aimée. Je pense qu'il mériterait cette désobéissance. Mais sincèrement je n'ai rien compris de ce qui se passe dans le for intérieur de ces êtres humains; peut-on vraiment continuer à aimer, après avoir été trompé ?

Rideau

steppenwolf


mardi 29 mai 2007

Pour Yas,mon lecteur anonyme


Cher jasmin
Merci,merci,mile fois merci
Je suis comme à mes sept ans,même plus antérieurement à cet age doux ; malgré ma vieillesse précoce, comme tout enfant, j’aime me voir caresser par l’encouragement ou l’admiration de mon entourage, je ne dissimule pas que je suis ravi de votre appréciation fleuresque-je me permets ici d’inventer un adjectif qui n’existe dans aucun dictionnaire, un adjectif qui correspond à votre nom ou si vous voulez à votre pseudonyme : fleuresque - je ne dissimule pas que je suis d’autant plus ravi qu’enfin parmi les lecteurs hypothétiques- je dis ((hypothétiques)) puisque je me demendais toujours si quelqu’un consultait notre blog ou pas et je considérais toujours le nombre de nos lecteurs presque zéro-j’ai commencé à en repérer de véritables qui laissent leurs avis . Je suis ravi surtout que vous m’avez encouragé d’encore écrire , puisque j’avais commencé à décider de ne plus écrire, de fait, lorsque quelqu’un crée, il cherche un canal de communication et de dialogue avec autrui , sinon pourquoi créer ? Et en particulier si cette créaton apparaît sous la forme écrite, puisque l’on écrit à quelqu’un et non pas à soi-même.
Cher jasmin
Merci pour avoir déchiré ce silence sinistre. Autour de chaque texte, il y a tant de questions qui attendent leur accouchement ; poser aussi bien que se poser la question, c’est une tentative pour dialoguer- et non pas pour entammer une bagarre- et pour sortir d’une univocité ...

Cher jasmin
Enfin, comment je suis arrivé à ce que vous considérez ((un joli français)) ?
Comme de coutume, je voudrais tourner autour de votre question en vue de poser des questions latérales -question pas dans le sens de l’interrogation, mais dans ce sens où on pose une idée qui donnerait lieu à une discussion ou à une réflexion ultérieure- :

(( le style, c’est une vision du monde)) dit Proust, le style, avant tout, c’est la manière dont on regarde, dont on considère le monde; le style, c’est la structure visible de notre pensée, c’est l’émergence des structures les plus intimes et multicouches de notre esprit; ce qui constitue le style d’un auteur, c’est sa laborieuse tentative de selectionner et de juxtaposer avec le plus grand scrupule possible les éléments qui sont à la disposition de tout le monde tout comme un maçon qui fait monter brique à brique un édifice; le style, tout comme les temples hindous qui renferment l’âme d’une divinité c’est une construction qui fait voir la philosophie de son auteur.

Cher jasmin
Le style, c’est l’art de choisir ; comme dans la traduction où le premier mot qui vient à l’esprit du traducteur n’est pas forcément le meilleur, lorsque l’on écrit, les premières structures qui surgissent de notre esprit ne sont pas toujours les meilleures; pour bien écrire, ce à quoi j’aspire, une connaissance approfondie de grammaire est indispensable, une bonne grammaire cimente notre écrit et le rend infrangible, d’ailleurs un vocabulaire vaste et tout particulièrement littéraire qui nous permet de choisir à l’aise les éléments de notre écrit- les mots- c’est le viatique de quiconque écrit ; et enfin, ce qui donne du goût et de l’esprit à un texte littéraire, ce qui l’enjolive, c’est l’utilisation des images, par les images, nous rendons notre pensée plus nuancée et plus compréhensible.
Vahid

dimanche 20 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La troisième partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Inconnu : alors, vous ne devez pas me comparer avec un assassin; vu que ce dernier donne la mort à son assassiné, tandis que moi, je suis la Mort en personne !
_ Le jeune homme : (avec des yeux tout ronds) ça veut dire quoi ?
_ Inconnu : (avec naturel) ça veut dire que, pour moi, ce n'est pas la peine de trouver un motif à fin de mettre les gens à mort; puisque je ne tue ni par plaisir ni par instinct. (Changeant de ton) je tue par devoir.
_ Le jeune homme : ça par exemple ! Mais vous avez quand même l'air d'un homme comme les autres.
_ Inconnu : vous avez raison, mais vous devez aussi tenir compte de ce fait qu'il faut se méfier de l'apparence.
(Il semble que le jeune homme n'est pas totalement convaincu)
_ Le jeune homme : vous n'êtes pas un être humain, donc vous savez ce qui se passe dans les cieux et vous avez peut-être vu ailleurs avec son paradis et son enfer ?
_ Inconnu : (riant) qui vous a dit que cela existe ? Les religions ? (D'un autre ton, mais encore souriant) ils existent, mais non pas comme vous croyez. Ils sont, tous les deux, les notions abstraites; à vrai dire, le paradis et l'enfer ne sont que la transfiguration des actes commis par les hommes en n'ayant pas une même nature: tout homme, quel qu'il soit, a son propre paradis et son propre enfer. Au fait, ces derniers ne sont pas les notions distinctes, mais ce sont l'envers et le revers d'une même médaille et tout cela dépend toujours de la vision qu'on y accorde.
_ Le jeune homme : ce que vous venez de dire me paraît à la fois intéressant et bizarre Mais je ne crois pas que cette idée soit bonne pour les hommes; parce qu'elle n'est pas absolue et les interprétations dont on peut avoir pourraient facilement désespérer les hommes.
_ Inconnu : (avec une légère bouderie) contrairement à vous, je crois que cette idée leur est utile; s'ils savent comment s'en servir. De toute façon, cela, c'est un cadeau destiné aux hommes et envoyé par les dieux. Par conséquent, c'est l'art de chacun de vous de tenter de s'y conformer. A mon avis, la fluidité de cette pensée déboucherait sur ne pas se borner à une époque ayant un peuple particulier. Donc, ceux qui ont le savoir-vivre, atteindront la rédemption.
_ Le jeune homme : (avec désarroi) je ne sais plus quoi dire. Franchement, vous êtes bien doué pour exploiter les mots et je ne suis pas à la hauteur de vous égaler en virtuosité et vous savez de plus comment jargonner pour convaincre l'adversaire.
_ Inconnu : non, vous exagérez ! Pour moi, l'adversaire n'a pas de sens. Je connais cependant les valeurs des mots. (Un silence) vous voyez, ce n'est pas ma langue et pourtant non plus la vôtre; étant donné que vous ne connaissiez guère les subjuguer.
_ Le jeune homme : (avec amertume) oui, vous avez raison.
_ Inconnu : (avec une certaine compassion) ne soyez pas confus. (Après un temps) laissez-moi vous raconter une petite histoire :
_ Le jeune homme : allez-y !
à suivre...
steppenwolf

jeudi 17 mai 2007

La Phénoménologie non pas en tant que telle

L'apparition du monde extérieur à la conscience humaine a quelquefois pour enjeu le sentiment de détresse; ici, je ne me propose pas de traiter la phénoménologie en tant que telle- du fait que cela n'entre pas dans ma compétence scolaire- mais néanmoins je voudrais l'aborder sous une forme tout autre: le phénomèn en tant qu'émérgence de la vrai nature des événements qui nous arrivent et non pas comme apparition des objets qui nous entourent.
Un événement quelconque-politique, familial, naturel, artistique, social...- comme les objets nous est extérieur et du fait de cette extériorité, la conscience en est possible. On dit possible, puisque selon Husserl la conscience est toujours la conscience de quelque chose.
On dit possible encore puisque la conscience de quelque chose n'est pas nécessaire mais contingente, que cette conscience-comme sartre dit au sujet de l'existence-(( il faut que ça vous envahisse brusquement, que ça s'arrête sur vous, que ça pèse lourd sur votre coeur comme une grosse bête immobile)).[1]
La prise de conscience d'un fait, c'est le dévoilement de son essence, et en termes plus précis, c'est la révélation de l'idée, de l'intention ou de la cause qui reposenet derrière ce fait; et cette ((Illumination)) nous aménerait à un sentiment de détresse. Mais la question c'est que pourquoi cela nous amène à un sentiment de détresse?
Ici, je ne suis pas certes décidé à apporter une réponse péremptoire, puisque la tâche d'un penseur-dont j'espère povoir être qualifié- c'est de soulever des questions même assez souvent difficiles à résoudre.

Vahid

[1] -SARTRE,jean paul,Nausée,Gallimard,1938,p.186.

vendredi 11 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La deuxième partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Inconnu : votre logique n'est pas la seule qui puisse résoudre les problèmes et n'essayez pas d'aborder toute difficulté moyennant la vôtre. Si vous avez de la patience, je vous dirai après ! Sinon… (Un silence)
_ Le jeune homme : (curieux) sinon quoi ?
( silence)
_ Inconnu : (ayant l'air de détourner la conversation) voyez-vous ce monsieur en costume aubergine qui est assis près de cette jeune fille en rouge ?
_ Le jeune homme : (un peu étourdi) oui, et alors ?
_ Inconnu : (avec naturel) je les connais depuis un certain temps. Quant à ce monsieur, j'avais une mission à exécuter. Mais cette fois-ci, je me suis ravisé au dernier moment à cause de cette fille, tandis que je n'avais pas le droit.
_ Le jeune homme : quelle était votre mission ?
_ Inconnu : (froidement) faire mourir cet homme.
_ Le jeune homme : (tout abasourdi) quoi ?
_ Inconnu : (ironiquement) le trucider !
_ Le jeune homme : (avec incrédulité) non, ce n'est pas possible ! (D'un faux rire) vous plaisantez, n'est-ce pas ?
_ Inconnu : (même jeu) pas du tout !
_ Le jeune homme : alors, vous êtes un assassin… (Un long silence)
(Entre-temps ils échangent des regards et après un certain temps, le jeune homme semble être vaincu dans cette compétition muette)
_ Inconnu : (ayant l'air vainqueur) pas forcément un assassin, mais…
_ Le jeune homme : (lui coupant la parole) mais vous vouliez le tuer, donc vous l'êtes!
_ Inconnu : c'est vrai que mon acte a le même résultat que celui d'un assassin, mais il ne faut pas quand même les comparer.
(Il paraît que le jeune homme n'a rien compris à ce que l'inconnu vient de dire.)
_ Inconnu : ok, je vous donne un exemple. Figurez-vous que vous êtes dans un restaurant; une fois votre repas terminé, vous décidez de partir. Pour payer l'addition, vous faites signe au garçon de venir et avant de partir, vous lui donnez cinq francs de pourboire; alors que ce n'est pas un acte conscient et pourtant vous le croyez ainsi. En effet, c'est votre moral qui vous pousse à cette charité. D'une autre part, un homme amoral pourrait aussi le faire en n'ayant pas la même intention que vous. Alors vous ne pouvez pas les comparer !
_ Le jeune homme : (toujours l'air de ne pas comprendre) que ma mère soit mordue à l'endroit du péché, si je comprends quelque chose à ce patois !
_ Inconnu : (avec un sourire) cela signifie qu'on ne peut pas considérer ces deux actes comparables sous prétexte qu'ils ont le même résultat.
_ Le jeune homme : alors ?
_ Inconnu : alors, vous ne devez pas me comparer avec un assassin; vu que ce dernier donne la mort à son assassiné, tandis que moi, je suis la Mort en personne !
à suivre...
steppenwolf

dimanche 6 mai 2007

Tragédie ou Comédie,Tout est là

Pourquoi lire la tragédie? Pourquoi écrire des tragédies? La vie est-elle tragique? Le dénouement en est-il tragique? Y a-t-il des dénouements tragiques dans la vie qui la rendent par essence tragique? Pourquoi à mesure que l'on prend conscience des circonstences-ontologiquement parlant- où on est jetés, délaissés la vie prend-elle une tonalité plutôt tragique et amère? Pourquoi une vocation pour la littérature tragique-dans le sens le plus vaste du terme- est-elle toujours résérvée à une élite, à des gens assez cultivés de chaque communauté? Pourquoi à mesure que l'on se vieillit, conçoit-on une conception tragique de la vie? Pourquoi être pour la tragédie sans toute fois cesser d'aimer tout ce qui nous donnerait de la joie? de prendre plaisir de l'instantanité de la vie? Pourquoi être pour la tragédie dans l'esprit et néanmoins ne cesser de faire partager aux autres un brin de joie? de faire rire tous ceux que l'on aime? Tout est là!
Vahid

mercredi 2 mai 2007

L'AMOUR OU LA HAINE, TOUT EST LA

Lorsque je m'endors, quelque fois dans la profondeur de mon inconscient, je commence à faire des réflexions, je commence à subir une illumination: des phrases le plus souvent en français commencent à surgir dans mon esprit; et aussitôt je commence à me révéiller, toujours est-il que ma conscience encore engourdie faillit à les laisser tomber dans l'opacité. Et si je n'arrive pas à les rappeler aussitôt, je ne les rappellerai plus jamais.
Ce matin, j'avais une illumination tout autre:
L'amour, c'est l'ignorance des défauts d'autrui; la haine, en voilà la prise de conscience, du coup, l'objet de l'amour est plus digne de la haine que de l'affectiion.
Vahid

A la mémoire de Marcel Proust



Maman me dit:(( tu vas avoir bientôt trente ans))
On se regarde et je souris. J'ai perdu une quantité de mes cheveux, maman a raison, maman se met à rire.
Maman me dit:(( tu dois pas fumer ta pipe, c'est pas bon))
Maman me dit:(( tu as l'air vieux))
Je la regarde, elle a raison, et comme d'habitude je soupire et prends mon thé d'après-midi, maman aussi. Dans l'après-midi, maman et moi avons une cérémonie de thé, on cause, j'aime maman comme à sept ans.
Maman me dit:(( ne t'en fais pas tellement, tu es toujours préoccupé, pourquoi tu regardes toujours dans le vide?))
Je dis:(( non, non, je...))
Maman m'interrompt:(( si, si vieil enfant))
Maman a raison, je regarde toujours fixement dans le vide .
Vahid

IL PLEUT

De nouveau il pleut, de nouveau je me mets à la fenêtre, j'ose même me mettre au balcon, il pleut...
Un pigeon hébété sillonne le ciel mouillé, il fait des tours sans but à la recherche d'un asile; une femme, la tête baissée, est pressée de rentrer chez elle, elle a du pain à la main; j'entends le ciel gronder comme s'il accouchait d'un enfent; il pleut...

Vahid