
Je dis :(( ô Dieu déchire ton silence inexorable)) et les épines se mirent en fleurs :
En printemps, j’étais toujours amoureux, je pensais toujours à quelqu’un que j’aimais tellement, une jeune fille frivole, terre à terre, assez souvent bavarde et ...belle; ses défauts, sa frivolité, sa légèrté et sa coquetterie me paraissaient des qualités indiscutables, je retrouvais en elle tout ce qui me manquait : la joie, les éclats de rire, la vivacité, la fraîcheur et la frivolité dont j’avais tellement besoin; la frivolité, le seul divertissement qui vienne encore à mon secours pour me tirer du néant où je suis lancé et délaissé.
Je ne révélai jamais mon amour à personne, mon amour était entièrement taciturne; j’étais aussi indifférent à l’égard de celle que j’aimais que si je ne l’aimais pas, que si même je ne la connaissais pas.
En printemps, ma raison ne fonctionnait plus, elle tombait en panne; comme un ascenseur sur la porte duquel on colle un écriteau annonçant l’arrêt de son fonctionnement, mon allure, mon comportement et tout en moi devenaient ceux d’un ivrogne; mon existence commençait à se révéler à Moi ; elle se mettait à chanceler- comme le feu qu’on fait en pleine nuit, à la montaigne et la flamme en est attisée par le vent qui la fait danser- elle se mettait à danser, je dansais ; JE tournais et TOUT se mettait à tourner autour de moi : la terre, la lune, le soleil, la galexie, les corbeaux qui passaient avec hébétude, les arbres jusqu’alors immobiles dont les branches étant comme les mains relevées d’un religieux dans le ciel pour solliciter la grâce divine, cherchaient la lumière, tout, tout...
En printemps je tombais amoureux d’une jeune frivole que je ne qualifias pas de frivole, mais d’éthérée. Que j’étais fou, en printemps ma raison ne fonctionnait plus.
Au fil de l’année, je redevenais moi-même, automnal, hivernal, froid, circonspect et sage ; je ne dansais plus, je me repliais de plus en plus sur moi-même; je redevenais moi-même, hivernal...
Vahid.Gh
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