
Il y a quelque dix jours, dans le Quartier Latin, je rencontrai un homme de presque trente ans, il était assis sur le banc ; et les jambes écartées, il fumait sa pipe; en fait, je venais de partager son banc...j’entammai un dialogue avec lui et pendant notre long entretien, je m’aperçus qu’il était un anarchiste zélé- ce qui me grandement plût- je lui demandai son avis sur l’anarchisme, ce qui vient, c’est ce que j’ai retenu de ce dialogue :
Moi : Qu’est-ce que vous entendez par l’anarchisme?
L’homme : Ce que j'entends moi-même par l'anarchisme, c'est une façon de penser et évidemment de vivre qui consiste à contester, à avoir le courage de dire Non et ce Non -en ce qui me concerne- c’est ma devise anarchique.
Moi : Mais ce Non s'dresse à qui ou à quoi?
L’homme : Ce Non perturbant, c'est une bombe ou une dynamite que j'ai lancée dans ma tête, depuis il y a longtemps, sous les fondements des dogmes qui me sont arrivés héréditairement; je ne suis pas le perturbateur de la société, je suis le perturbateur de ma propre existence déjà préconçue par ma société, ma famille et tout ce qui m’entoure ; je suis anarchiste puisque je veux- je dis avec la plus grande désinvolture possible ((veux)) et j’évite de dire (( voudrais))- me faire le CREATEUR de Moi-même.
Je suis anarchiste puisque j’essaie de redéfinir toutes les notions qui sont sueptibles d’orienter le sens de ma vie, des notions telles que Dieu, mort, religion, au-delà, dignité, vie, politique, pain, affection...
Moi : Donc, vous vous croyez anarchiste à cause de vos redéfinitions éventuellement audacieuses des notions.
L’homme : Absolument, il y a quelques années, je lisais les entretiens d’un théologue chrétien et un intellectuel laïque sur des sujets variés; en matière de religion, je me rappelle très bien, le théologue lui demande :(( vous ne croyez pas en Dieu, n’est-ce pas ?)) et l’ intellectuel laïque lui répond : ((je crois pas en un Dieu barbu)) ; et si on me demande pour quelle raison je me crois anarhiste, je dirai puisque je ne crois pas en un Dieu barbu ; voilà ce point de départ dans le processus de la redéfinition de Dieu .
Au fil de notre causerie, il me révéla qu’il était un écrivain et j’étais intéressé à savoir s’il serait resté un anarchiste dans ce qu’il avait écrit et sa réponse m’étonna :
L’homme : Dans mes écrits je ne cherche pas à dévoiler ce Non anarchique_ puisque je suis pas un propagandiste, je suis un scripteur qui cherche à regarder, à penser et à vivre tout autrement que les autres, et justement cette tâche : chercher à être autre que toute autre personne, c’est ce qui engendre l’anarchie dans un système de fourmis ; dans un système de fourmis , si un ouvrier se soucie de son individualité et s’il veut détruire son éxistence préconçue et se faire le CREATEUR de lui-même, il est nuisible et il sera exclu de sa communauté_ bien au contraire, là (dans mes écrits) je cherche un terrain d’entente , des points de convergeance avec mes lecteurs et non pas une rupture avec eux ; je souligne cette remarque que l’anarchisme _ auquel je me crois fidèle _ comme toute autre idée doit tout d’abord se dégager à travers le trajet parcouru de son partisan : sa vie. Sinon ce ne serait qu’une prétention vaine et absurde, je plaide la cause d’une vie idéaliste, une vie qui cherche à réaliser une idée !
On parla beaucoup et il ne cessait de fumer sa pipe ; dans l’après –midi, on se sépara et je le regardai s’éloigner comme une locomotive qui laisse une nuée de fumée derrière elle .
Vahid
Moi : Qu’est-ce que vous entendez par l’anarchisme?
L’homme : Ce que j'entends moi-même par l'anarchisme, c'est une façon de penser et évidemment de vivre qui consiste à contester, à avoir le courage de dire Non et ce Non -en ce qui me concerne- c’est ma devise anarchique.
Moi : Mais ce Non s'dresse à qui ou à quoi?
L’homme : Ce Non perturbant, c'est une bombe ou une dynamite que j'ai lancée dans ma tête, depuis il y a longtemps, sous les fondements des dogmes qui me sont arrivés héréditairement; je ne suis pas le perturbateur de la société, je suis le perturbateur de ma propre existence déjà préconçue par ma société, ma famille et tout ce qui m’entoure ; je suis anarchiste puisque je veux- je dis avec la plus grande désinvolture possible ((veux)) et j’évite de dire (( voudrais))- me faire le CREATEUR de Moi-même.
Je suis anarchiste puisque j’essaie de redéfinir toutes les notions qui sont sueptibles d’orienter le sens de ma vie, des notions telles que Dieu, mort, religion, au-delà, dignité, vie, politique, pain, affection...
Moi : Donc, vous vous croyez anarchiste à cause de vos redéfinitions éventuellement audacieuses des notions.
L’homme : Absolument, il y a quelques années, je lisais les entretiens d’un théologue chrétien et un intellectuel laïque sur des sujets variés; en matière de religion, je me rappelle très bien, le théologue lui demande :(( vous ne croyez pas en Dieu, n’est-ce pas ?)) et l’ intellectuel laïque lui répond : ((je crois pas en un Dieu barbu)) ; et si on me demande pour quelle raison je me crois anarhiste, je dirai puisque je ne crois pas en un Dieu barbu ; voilà ce point de départ dans le processus de la redéfinition de Dieu .
Au fil de notre causerie, il me révéla qu’il était un écrivain et j’étais intéressé à savoir s’il serait resté un anarchiste dans ce qu’il avait écrit et sa réponse m’étonna :
L’homme : Dans mes écrits je ne cherche pas à dévoiler ce Non anarchique_ puisque je suis pas un propagandiste, je suis un scripteur qui cherche à regarder, à penser et à vivre tout autrement que les autres, et justement cette tâche : chercher à être autre que toute autre personne, c’est ce qui engendre l’anarchie dans un système de fourmis ; dans un système de fourmis , si un ouvrier se soucie de son individualité et s’il veut détruire son éxistence préconçue et se faire le CREATEUR de lui-même, il est nuisible et il sera exclu de sa communauté_ bien au contraire, là (dans mes écrits) je cherche un terrain d’entente , des points de convergeance avec mes lecteurs et non pas une rupture avec eux ; je souligne cette remarque que l’anarchisme _ auquel je me crois fidèle _ comme toute autre idée doit tout d’abord se dégager à travers le trajet parcouru de son partisan : sa vie. Sinon ce ne serait qu’une prétention vaine et absurde, je plaide la cause d’une vie idéaliste, une vie qui cherche à réaliser une idée !
On parla beaucoup et il ne cessait de fumer sa pipe ; dans l’après –midi, on se sépara et je le regardai s’éloigner comme une locomotive qui laisse une nuée de fumée derrière elle .
Vahid
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