Salame[1] à la terre, aux chats solitaires qui cherchent leur nourriture en plein hiver lorsque la nuit tombe, salame à ma mère que j'aime tellement et qui m'a dit il y a à peine quelques jours:((Vahid, tu me manque)) ; et à mon père qui pour l'aisance de sa famille a renoncé à toutes les jouissances de la vie puisqu'il sait qu'il y a des moments où l'homme ne vit que de pain, rien que de pain.[2]
Salame à la lune qui ne cesse jamais de tourner autour de la terre ; à la terre qui tourne infatiguablement dans le vide opaque, même après ma mort; aux feuilles mortes d'automne qui tombent aux pieds des arbres, et qui se décomposent sans jamais pouvoir rejoindre les branches de printemps; au soleil qui, un jour, s'eteindra à jamais.
Salame à la pluie qui tombe rarement dans ma ville natale, au soleil d'été qui a brûlé la peau olive et froissée du front de mon père qui n'est pas dans le ciel , qui rappelle son Fils lorsque celui-ci l'appelle.
Salame aux sourires naîfs de ma nièce ((Chaghayegh)) lorsqu'elle est endormie; aux moments où, par des jours de pluie, on se met à la fenêtre; et à l'homme qui passe alors en toute hâte dans la rue.
Salame à la vie qui est courte et à la mort qui est le destin commun de tous les êtres vivants, salame aux vers qui cherchent la lumière au fond obscure de la terre, salame à l'ombrage des arbres lorsqu'il s'étend, aux coups de vent lorsqu'ils passent et décoiffent nos cheveux; aux fourmis qui cherchent leur chemin dans les pelouses moites, salame aux moments d'abandon, de solitude, d'angoisse et de détresse où on a tellement envie de pleurer mais on ne pleure pas...;aux moments où on pleure, se mord les lèvres ...
Salame aux victimes puisqu'ils sont victimes et non pas parce qu'ils retrouveront le salut éternel, car ils ne le retrouveront pas; salame au sol froid d'hiver qui prendra enfin dans ses bras glacés le corps du Fils de l'homme qui a tellement vécu, couru...
Salame encore aux fourmis qui montent les murs et qui marchent sur le plafond sans toute fois en tomber, salame à la nature morte, aux choses immobiles auxquelles on fixe le regard lorsqu'on fait des réflexions, salame au stylo lorsqu'il n'écrit plus et qu'on jette dans la poubelle d'un geste de négligence.
Salam aux pires moments de la vie lorsqu'on maintient encore un brin d'espoir dans ses mains; salame aux aveugles puisqu'ils ne voient jamais la lumière, salame, salame, salame...
Salame à la lune qui ne cesse jamais de tourner autour de la terre ; à la terre qui tourne infatiguablement dans le vide opaque, même après ma mort; aux feuilles mortes d'automne qui tombent aux pieds des arbres, et qui se décomposent sans jamais pouvoir rejoindre les branches de printemps; au soleil qui, un jour, s'eteindra à jamais.
Salame à la pluie qui tombe rarement dans ma ville natale, au soleil d'été qui a brûlé la peau olive et froissée du front de mon père qui n'est pas dans le ciel , qui rappelle son Fils lorsque celui-ci l'appelle.
Salame aux sourires naîfs de ma nièce ((Chaghayegh)) lorsqu'elle est endormie; aux moments où, par des jours de pluie, on se met à la fenêtre; et à l'homme qui passe alors en toute hâte dans la rue.
Salame à la vie qui est courte et à la mort qui est le destin commun de tous les êtres vivants, salame aux vers qui cherchent la lumière au fond obscure de la terre, salame à l'ombrage des arbres lorsqu'il s'étend, aux coups de vent lorsqu'ils passent et décoiffent nos cheveux; aux fourmis qui cherchent leur chemin dans les pelouses moites, salame aux moments d'abandon, de solitude, d'angoisse et de détresse où on a tellement envie de pleurer mais on ne pleure pas...;aux moments où on pleure, se mord les lèvres ...
Salame aux victimes puisqu'ils sont victimes et non pas parce qu'ils retrouveront le salut éternel, car ils ne le retrouveront pas; salame au sol froid d'hiver qui prendra enfin dans ses bras glacés le corps du Fils de l'homme qui a tellement vécu, couru...
Salame encore aux fourmis qui montent les murs et qui marchent sur le plafond sans toute fois en tomber, salame à la nature morte, aux choses immobiles auxquelles on fixe le regard lorsqu'on fait des réflexions, salame au stylo lorsqu'il n'écrit plus et qu'on jette dans la poubelle d'un geste de négligence.
Salam aux pires moments de la vie lorsqu'on maintient encore un brin d'espoir dans ses mains; salame aux aveugles puisqu'ils ne voient jamais la lumière, salame, salame, salame...
Ghesmati,Vahid
[1] - salame, c'est un terme que les Iraniens emploient lorsqu'ils se rencontrent, c'est l'équivalant de bonjour,salut et bonsoir en français.
[2] -Ici, j'ai fais allusion à un verset de l'Evengile selon Mathieu: ((L'homme ne vit seulement de pain mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu))
1 commentaire:
C'est bien. Bon courage.
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