dimanche 25 mars 2007

Fantasme



Je me revois, une autre fois, devant le papier blanc et totalement démuni de pensée ou d'idée à priori pour écrire quelque chose; mais je peux quand-même vous narrer une petite histoire:
" Il était une fois un tout petit bonhomme qui aimait fortement la littérature et qui lisait chaque nuit avant de sombrer dans le sommeil, quelque centaine de pages. Il avait une grande prédilection pour les romans policiers, surtout les parties concernant les crimes et les scènes sanglantes; alors qu'il était, dans sa vie sociale et celle de tous les jours, un homme très timide et tout poltron.
Un jour il décida de vivre et de réaliser l'une des scènes favorites d'un de ses livres dont il rêvait de temps à autre. Il s'agit d'une scène où le protagoniste fit l'amour avec une jolie fille dont il était éperdument amoureux et puis il la décapita tout en versant des larmes sur la tête coupée et en contemplant le sang répandu presque partout. Ce meurtre le fit penser au corps immobiles de sa mère sur le tapis tout rouge da sa chambre au coin de laquelle il se fut blotti en se grelottant.
Voilà, enfin un jour notre petit bonhomme, tout seul avec une jolie fille maigre dans une chambre d'un appaertement au quatrième étage. Après avoir fit l'amour, il sortit apporter un couteau. Dans la cuisine, cherchant le couteau, il jeta un regard dehors par une fenêtre qui donnait sur une rue sombre et déserte et il se rappella inopinément le jour où il avait vu la tête écrasée de sa sœur sur le trottoir taché de sang. Le rappel de ce suicide funeste auquel se rapportaient encore beaucoup de souvenirs amers et qui l'obsédait depuis toujours, le fit plonger dans ses rêveries.
Alors il ne put plus résister à une tentation issue de son inconscient et un instant plus tard on l'eût vu tout déchiqueté sur le trottoir rougeâtre. "

steppenwolf

jeudi 22 mars 2007

PRINTEMPS, FENETRE ET NON - EXISTENCE



Comme bien des fois de ma vie- que las d’un je ne sais quoi d’un prisonnier qui aurait pris habitude à sa prison et les souvenirs d’un passé lointain ; si lointain qu’ils ne puissent résister à revenir dans la mémoire ; qui sont comme les flots de l’océan : les plus lointains sont les plus forts ; qui menaceraient de détruire cette habitude anesthésiante l’auraient mis en désarroi- je me mets à la fenêtre.

Comme bien des fois de ma vie que j’ai mis assez de temps à regarder dehors sans pouvoir ultérierement me rappeler ce que je venais de regarder ni ce à quoi je venais de penser, je me mets à la fenêtre...

Nazanin, be kenare panjereh miravam, mese hamishe in pa –vo-an pa mikonam, bi tabi haye adami ra engari payani nist: Bahare sale ayande zamin hanooz paziraye ghadam haye man khahad bood ? Nazanin, be bahare panjah sale digar ke mi-andisham, delam bishtar migirad engari, bahare har sal khosh-ast, ari midanam, midanam…

Midani Naznin, ama bahare tche sal ha-i ke derakhtane khoshke zemestani bi hozoore man, bi hozoore to, bi negahe man, bi negahe ma be shokoofe khahand neshast, shirini bahare har sal ra dar man talkh misazad Nazanin…

vahid

jeudi 15 mars 2007

Rencontre


Comment s’exprimer? Tout est très compliqué. Il ne sait vraiment rien de ce qui se passe dans le for intérieur des individus, surtout des filles. Dans un bistro, il causait à peine deux heures avec une fille qu'il estimait tout différente aux autres et puis ils se promenaient tous les deux ensemble en faisant un long trajet. Apparemment tout allait bien!
Bien qu'il ait décidé de ne plus se fier aux filles, il vient de confier à l'une d'elles beaucoup d'intimité. Parce qu'il croyait qu'elle le mériterait bien.
Tout est vraiment compliqué. Comment communiquer? Tandis que les mots, ces petites créatures méchantes - qu'on a inventé(e)s en tant que moyen de communication - qui engendrent assez souvent le malentendu, les séparaient davantage.
Depuis le jour où il avait essayé d'être franc, au moins avec lui-même, il savait carrément ce qu'il désirait; mais il ne savait rien du tout de ce qu'elle voulait ou pensait.................. peu import!
***
J'ai lu quelque part un demi-article de Julia Kristeva de son Histoires d'amour dont je vous transpose l'idée (non pas les mots!): " De toute façon, l'amant est condamné à être seul. Pour cette piètre raison qu'il est impossible d'établir une amitié spirituelle avec les autres; et on saura jamais ce qu'a expérimenté autrui. Donc, le langage n'est pas un système de communication. A travers nos expériences, on se rend compte que l'expression de soi-même pour autrui n'est pas une expression compréhensible, voire exprimable... "

steppenwolf

lundi 12 mars 2007

Dehors, il fait Jésus


Je me mets à la fenêtre, dehors il fait Jésus, c'est le terme que j'emploie lorsqu'il fait vraiment beau, que légèrement vêtu, on a tellement envie d'aller à la montagne; que sur un versant solitaire-où on n'entend plus de bruit que celui d'un vent hésitant ,ensoleillé et timide qui va et vient par intermittence- les yeux fermés, on se laisse caresser par le vent; que l'on sent renaître en nous un Jésus, un arbre qui a très envie de se mettre en fleurs, de faire partager aux autres sa joie de vivre .
Je me mets à la fenêtre, dehors il fait Jésus, je ferme les yeux et colle mon front contre la vitre foide, encore hivernale et indifférente; tant de choses commencent à revenir dans ma mémoire, des choses dont l'apparition n'a aucun rapport logique avec cette journée qui veut dire bonjour à ce printemps de mes vingt-huit ans; oh il ne faut jamais rendre compte à personne de l'opacité où, les yeux fermés , je m'enferme assez frequemment devant cette fenêtre dont la vitre embrasse mon front...
Les yeux fermés,comme Marcel dans son lit, je n'ai que des réveils d'un instant; j'ouvre les yeux mais aussitôt après, comme par indifférence, je me cache dans l'opacité reposante: je referme les yeux...
Dehors il fait Jésus...
VAHID

lundi 5 mars 2007

Regard


Par un jour de pluie, la tête baissée, je me promenais sur le trottoir pavé de Vali-Asr[1], comme le plus souvent, j'étais en train de fredonner un air amoureux que j'aime tellement:(( mara bébusse))[2]
J'étais tellement cocentré sur mon air favori que je faisais pas attention à la distance que je venais de parcourir à pied; comme un gramaphone qui tourne infatiguablement un même disque pendant un certain temps, lorsque j'arrivais à la fin de mon air, automatiquement, aussitôt après, je le reprenais avec le même enthousiasme, en fait mes amis me reconnaissent tous à cet air, comme le grand-père de Marcel qui reconnaissait M.Swann à sa voix.
Dans la résidence de l'université, lorsque je fais quelque fois la cuisine ou lorsque je suis en tain de faire la vaisselle ou même lors du rasage, je le chante à voix forte, mais sur le trottoir de la capitale, il faut pas évidemment chanter un air d'amour...
Ivre de cette monotonie anesthésiante, de temps à autre, je levais la tête pour ne pas me heurter à un obstacle inattendu...mais une fois, les yeux levés, mon regard se noua à celui d'une jeune fille qui venait vers moi, on se regarda dans les yeux et...on passa l'un à côté de l'autre sans toute fois se détacher nos regards pleins de désir...je sentais son parfum et je l'avais respiré à pleins poumons, je ferma mes yeux et un leger sourire apparut sur mes lèvres...
On s'éloignait à jamais, alors, je marchait du côté opposé du sien et je repris mon air favori...
Ghesmati,Vahid

[1]-Vali-Asr, c'est les Champs-Elysées de Téhéran.
[2] -La traduction de ((Mara bébusse)) en français, c'est ((Embrasse-moi))

vendredi 2 mars 2007

EVENGILE SELON MOI


Salame[1] à la terre, aux chats solitaires qui cherchent leur nourriture en plein hiver lorsque la nuit tombe, salame à ma mère que j'aime tellement et qui m'a dit il y a à peine quelques jours:((Vahid, tu me manque)) ; et à mon père qui pour l'aisance de sa famille a renoncé à toutes les jouissances de la vie puisqu'il sait qu'il y a des moments où l'homme ne vit que de pain, rien que de pain.[2]
Salame à la lune qui ne cesse jamais de tourner autour de la terre ; à la terre qui tourne infatiguablement dans le vide opaque, même après ma mort; aux feuilles mortes d'automne qui tombent aux pieds des arbres, et qui se décomposent sans jamais pouvoir rejoindre les branches de printemps; au soleil qui, un jour, s'eteindra à jamais.
Salame à la pluie qui tombe rarement dans ma ville natale, au soleil d'été qui a brûlé la peau olive et froissée du front de mon père qui n'est pas dans le ciel , qui rappelle son Fils lorsque celui-ci l'appelle.
Salame aux sourires naîfs de ma nièce ((Chaghayegh)) lorsqu'elle est endormie; aux moments où, par des jours de pluie, on se met à la fenêtre; et à l'homme qui passe alors en toute hâte dans la rue.
Salame à la vie qui est courte et à la mort qui est le destin commun de tous les êtres vivants, salame aux vers qui cherchent la lumière au fond obscure de la terre, salame à l'ombrage des arbres lorsqu'il s'étend, aux coups de vent lorsqu'ils passent et décoiffent nos cheveux; aux fourmis qui cherchent leur chemin dans les pelouses moites, salame aux moments d'abandon, de solitude, d'angoisse et de détresse où on a tellement envie de pleurer mais on ne pleure pas...;aux moments où on pleure, se mord les lèvres ...
Salame aux victimes puisqu'ils sont victimes et non pas parce qu'ils retrouveront le salut éternel, car ils ne le retrouveront pas; salame au sol froid d'hiver qui prendra enfin dans ses bras glacés le corps du Fils de l'homme qui a tellement vécu, couru...
Salame encore aux fourmis qui montent les murs et qui marchent sur le plafond sans toute fois en tomber, salame à la nature morte, aux choses immobiles auxquelles on fixe le regard lorsqu'on fait des réflexions, salame au stylo lorsqu'il n'écrit plus et qu'on jette dans la poubelle d'un geste de négligence.
Salam aux pires moments de la vie lorsqu'on maintient encore un brin d'espoir dans ses mains; salame aux aveugles puisqu'ils ne voient jamais la lumière, salame, salame, salame...

Ghesmati,Vahid






[1] - salame, c'est un terme que les Iraniens emploient lorsqu'ils se rencontrent, c'est l'équivalant de bonjour,salut et bonsoir en français.
[2] -Ici, j'ai fais allusion à un verset de l'Evengile selon Mathieu: ((L'homme ne vit seulement de pain mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu))