samedi 1 décembre 2007

La facticité


A peine ses yeux se furent-ils habitués à l'atmosphère quasi-sombre et enfumée du café, il se retrouva soudainement à la dernière table, au fond, le dos à la fenêtre. Ses forces s'affaiblissaient tant qu'il s'assit sans ôter sa capote lourdement mouillée. Par l'intensité de la froidure précoce, le bout de ses doigts pâlissaient désespérément et les gouttes d'eau, de temps à autre, glissèrent de manches aux mains et puis jusqu'au bout de doigts et d'ongles. Ses cheveux noirâtres que la pluie avait maladroitement peignés couvraient presque la moitié de son large front, sous lequel ses yeux, deux fosses profondément boueuses, aggravaient la pâleur du visage. Sa lèvre inférieure se teintait d'un rouge blafard ou d'un gris terne se mit à trembler de frois, d'angoisse ou de colère sans doute.
Epiant l'inconnu, le garçon se précipita vers la table de ce dernier, une fois que leur regard se furent croisés. Peu de temps après, il mit une bouteille, un verre et un paquet de cigarettes devant l'inconnu, sur la table et s'éloigna de lui tout en ayant un sourire de satisfaction et de servilité.
Prenant le premier coup, il se sentit un mélange d'amertume et de picotement saisir toute la gorge, mais peu à peu il se laissa envahir tout son corps par une certaine torpeur comme si une fervente chaleur succulente et lénitive remplaçait ses scrupules futiles. A la suite des verres venant d'affilée, une fumée épaissement dense le plongea dans une sorte du halo de rassuranse et de solitude. Après avoir passé à peine trente-cinq minutes, on n'aurait pu constater, devant lui, qu'une bouteille vide et une dizaine de mégots dans un cendrier délaissé.
Il était sûr de ne plus l'aimer et il célebra alors cette soirée de gala d'autant plus qu'il avait repris sa liberté. Ses souvenirs du passé ne pût plus le froisser dans la mesure où le rappel de chacun ne fait qu'imprimer stupidement sur sa figure maussade un léger sourire béat. Il ne sentit aucune compassion ni parenté envers ses pensées te ses attachements de jadis, du fait qu'il se voyait, il y a longtemps, croître en soi dispersé, un autre soi, beaucoup plus résistant.
Tout en gardant son sourire gravé sur son visage vermeil néolithique, il se leva, sortit du café, alluma une cigarette, tourna à gauche et s'en alla librement...


steppenwolf

dimanche 26 août 2007

La fenêtre évocatrice

Il vient de passer sous ma fenêtre. J'étais juste en train de penser à ma vie passée, ratée, ou bien peut-être sauvée! Oui, sauvée. C'est bien beaucoup plus réconfortant. Je ne sais pas pourquoi je ne fume pas depuis à peine une semaine. Pourquoi j'ai décidé de cesser de fumer, tandis que ma vie resterait immuable, fragile, funeste?!
Il vient de passer sous ma fenêtre en balayant nonchalamment le trottoir. Elle m'a toujours hanté. A présent ce qui me fait plus ou moins regretter; ce n'est pas du tout elle, en chair et en os, mais les souvenirs heureux que j'ai gardés du moment où nous étions ensemble, les heures que j'ai passées en me plantant près d'un banc oublié dans un coin sombre du petit parc qu'on a trouvé, un jour, par hasard, ensemble, pendant l'une de nos errences crépusculaire.
Il vient de passer sous ma fenêtre d'où je l'avais vue, un midi, à ma grande surprise, avancer vers notre maison, vers moi, en tenant une seule fleur jaune à la main et en ayant un beau sourire automnal aux lèvres qui m'avait fondu le cœur de joie et de désir.
Il vient de passer… j'allume une cigarette et j'efface tous mes (non; ses) souvenirs damnés, qui défilaient devant mes yeux, en expirant en plein air la fumée qui me barre heureusement la vue… c'est la vie!!!

steppenwolf

lundi 23 juillet 2007

pour Steepenwolf

Cigarette ? où est ma pipe ? Moi, j’ai renoncé à la vie il y a une éternité, je pense à ma vie ratée ; Michelle a raison, ma vie est pleine d’occasions ratées ; mais cher Steepen ne te laisse pas décourager , si personne ne te lit, ne dis pas :(( tant pis)) ; dis plutôt :(( tant mieux)) ;ça sert à quoi le jugement d’aurui , moi pour y échapper, j’ai deux fois voyagé au North Pole; moi, je préfère le regard enamouré des pinguins aux applaudissements vulgaires, aux cris dénués de la moindre philosophie du peuple ivre d’une frivolité qui lui habite depuis, hélas ! un temps vertigineusement indémesurable. Ton ami, vahid qui écrit d’ailleurs comme un prophète désepéré, et toi , vous êtes les chefs d’oeuvre de notre faculté.


Le chef du département de la littérature française de l'université de Sorbonne IV
Antonio Marchelo Zaparatie

samedi 21 juillet 2007

Ma compagne prédestinée


Le désir de mourir m'a de nouveau envahi. Je viens de fumer une cigarette qui comme d'habitude m'a fait penser à ma mort, comme celle-ci me pense aussi. Penser… au fait, je tiens à coller mes pensées au papier ou à les fixer sur le site d'internet; afin qu'elles ne reviennent pas dans ma tête, cette boule pleine de perplexitée.
Je n'écris pas pour être lu, comme je vois bien que je n'ai pas de lecteurs. Dis donc, pourquoi écrire? J'ecris, loin de me rappeler, pour tout oublier. Mais curieux c'est que ce n'est pas dans mes habitudes de parler des questions graves, c-à-d je n'écris pas grand-chose. Je n'estime pas en outre les gens qui tout disent et n'ont pas les soi-disant secrets pour eux-même.
A propos, j'ai fais une gaffe: je viens de lui envoyer un sms dans lequel j'ai presque tout dit à propos de ce que je n'aurais pas dû révéler. Alors je sais que j'ai bigrement gâché ma petite demi-relation avec elle. Que je suis pressé! Comme si personne ne m'avait appris patienter. Mais patienter jusque quand??!
Quelqu'un murmure dans mon estomac – non, c'est pas joli! – dans mon for intérieur que je vais bien-tôt mourir… tant pis!
Embrasse-moi avant que le sol salement froid ne m'embrasse. Je tire une autre bouffée de ma compagne perpétuelle soupçonnée d'être nuisible à ma santé et je ferme doucement mes yeux à l'espoir d'être embrassé par ma future compagne qu'est la mort

steppenwolf

dimanche 15 juillet 2007

((Yek shabe mahtab...))


Aujourd'hui, je m'endormis jusqu'à 6 heures de l'après-midi, maman vint m'éveiller. elle eut peur que je fusse mort, elle me le dit lorsque je buvais mon thé accoutumé; que c'était beau de ne pas m'éveiller! Mais maman serait triste...
Hier- ou aujourd'hui-, je ne m'endormis que vers 5 heures du matin, j'avais passé une nuit blanche comme neige, de la neige sur laquelle la trace du passage fugitif d'un gibier sanglant aurait perturbé sa mémoire hivernale jusqu'alors monotonne...


Vahid

samedi 14 juillet 2007

...et la jupe de Gilbertte


Depuis que j'ai perdu tout espoir, je me sens mieux; ne me faites part de ce qui se passe dehors,je suis fatigué de tellement m'être alimenté d'espoir...
Je ne veux qu'un verre de thé, si vous me donnez quelques morceaux de sucre, vous me faites un grand service; ah, n'oubliez pas de m'apporter une chaise, je veux lire mon journal...
Dites aux geôliers d'arroser mes géraniums, je les ai plantés, comme les fleurs de la jupe de Gilbertte, sur la pelouse, à côté de grands tournesols penchés de timidité; mes joues sont encore chaudes des derniers baisers de Gilbertte; ah, que sa jupe rouge à fleurs me manque!
Ma cigarette à peine commencée, on vient me chercher, je leur dis que je n'ai pas encore rencontré mon Gilbertte, que je ne l'ai pas encore embrassée comme autre fois...
On a refermé la porte, on m'entraîne je ne sais pas où...
J'entends une suite de bruits secs, on dirait des coups de fusil, on a crié:(( feu))....je suis par terre, je sirotte le goût du sang, je pense toujours à la jupe de Gilbertte, les tournesols de sa jupe se sont déjà tournés vers l'ouest, je vois le coucher du soleil, et un homme barbu qui vient me donner le coup de grâce; mes joues sont toujours chaudes des derniers baisers de Gilbertte...



Vahid

mercredi 30 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La quatrième (la dernière) partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Le jeune homme : allez-y !
_ Inconnu : "une fois, j'avais comme vocation de faire mourir un cavalier arabe et c'était une tâche bien difficile; parce que à l'époque les cavaliers arabes étaient renommés pour leur bravoure et leur vaillance. Néanmoins je me suis déguisé en arabe et j'ai pénétré dans leur caravane. Or, je n'avais aucune idée pour accomplir ma mission.
Durant une nuit, je suis entré dans leur camp et heureusement j'ai trouvé ledit Arabe seul et somnolant; ses compagnons venaient de sortir pour faire une promenade nocturne. Dès que je me suis décidé à faire un geste, il ouvrait ses yeux et m'a demandé avec méfiance qui j'étais. Après l'avoir calmé, j'ai commencé peu à peu à me présenter et une fois ma vraie identité révélée, j'ai bien constaté la peur dans le visage de cet homme; et puis il s' est mis à grelotter.
Vous voyez, quand les hommes se trouvent face à la mort, même les plus braves, n'arrivent pas à dissimuler leur crainte. A propos, vous n'avez pas peur de moi ?
_ Le jeune homme : (secouant la tête) Je crois que non.
_ Inconnu : savez-vous exactement pour quelle raison je me suis adressé à vous ?
_ Le jeune homme : parbleu ! Pour me faire mourir.
_ Inconnu : (avec surprise) et alors ?
_ Le jeune homme : (tristement) vous savez; depuis que je me suis fait désillusionner dans mon amour, je n'ai plus rien à perdre. Aussi, je me sens prêt à mourir à chaque instant de ma vie.
_ Inconnu : comme l'être humain est étrange et incompréhensible!
_ Le jeune homme : (un peu gêné) revenons à nos moutons. Quelle était la réaction de cet arabe ?
_ Inconnu : ah, oui ! (Sérieux) par crainte, il voulait se défendre à tout prix; c'est pour quoi il m'attaquait avec son cimeterre. Apaisant la situation, j'étais obligé de sortir et ensuite de prendre une autre initiative beaucoup plus efficace. Alors, je ne savais plus ce que je devrais faire. Mais enfin, une idée m'a brusquement surgi à l'esprit !
_ Le jeune homme : laquelle ?
_ Inconnu : tous les hommes ont au moins un point faible et cet arabe, malgré son apparence intrépide, était gravement craintif devant la mort que je suis !
_ Le jeune homme : et puis ?
_ Inconnu : je lui ai donné l'illusion de ma présence perpétuelle et désormais, il croyait que je l'accompagnait toujours et partout; il n'arrivait même pas à dormir pendant huit nuits et par une crise de conscience il a fini par se suicider. (Avec humour) c'est la logique de l'homme; pour m'échapper, il s'est jeté dans le bras de la mort ou bien pour échapper à la mort, il s'est jeté dans mon bras ! …
(Après avoir passé à peine une heure)
_ Inconnu : (à part) voilà la réception dont il était l'un des invités ! J'ai enfin pu effectuer ma tâche. (Réfléchissant : toujours à part) ce qui me paraît curieux, c'est que ce jeune homme n'a point résisté. En effet, c'est l'une des plus faciles et la plus agréable de mes missions. Mais il avait encore de la chance; puisque, au dernier moment, transgressant la loi céleste, j'ai réalisé son vœu de pouvoir voir une autre fois sa bien-aimée. Je pense qu'il mériterait cette désobéissance. Mais sincèrement je n'ai rien compris de ce qui se passe dans le for intérieur de ces êtres humains; peut-on vraiment continuer à aimer, après avoir été trompé ?

Rideau

steppenwolf


mardi 29 mai 2007

Pour Yas,mon lecteur anonyme


Cher jasmin
Merci,merci,mile fois merci
Je suis comme à mes sept ans,même plus antérieurement à cet age doux ; malgré ma vieillesse précoce, comme tout enfant, j’aime me voir caresser par l’encouragement ou l’admiration de mon entourage, je ne dissimule pas que je suis ravi de votre appréciation fleuresque-je me permets ici d’inventer un adjectif qui n’existe dans aucun dictionnaire, un adjectif qui correspond à votre nom ou si vous voulez à votre pseudonyme : fleuresque - je ne dissimule pas que je suis d’autant plus ravi qu’enfin parmi les lecteurs hypothétiques- je dis ((hypothétiques)) puisque je me demendais toujours si quelqu’un consultait notre blog ou pas et je considérais toujours le nombre de nos lecteurs presque zéro-j’ai commencé à en repérer de véritables qui laissent leurs avis . Je suis ravi surtout que vous m’avez encouragé d’encore écrire , puisque j’avais commencé à décider de ne plus écrire, de fait, lorsque quelqu’un crée, il cherche un canal de communication et de dialogue avec autrui , sinon pourquoi créer ? Et en particulier si cette créaton apparaît sous la forme écrite, puisque l’on écrit à quelqu’un et non pas à soi-même.
Cher jasmin
Merci pour avoir déchiré ce silence sinistre. Autour de chaque texte, il y a tant de questions qui attendent leur accouchement ; poser aussi bien que se poser la question, c’est une tentative pour dialoguer- et non pas pour entammer une bagarre- et pour sortir d’une univocité ...

Cher jasmin
Enfin, comment je suis arrivé à ce que vous considérez ((un joli français)) ?
Comme de coutume, je voudrais tourner autour de votre question en vue de poser des questions latérales -question pas dans le sens de l’interrogation, mais dans ce sens où on pose une idée qui donnerait lieu à une discussion ou à une réflexion ultérieure- :

(( le style, c’est une vision du monde)) dit Proust, le style, avant tout, c’est la manière dont on regarde, dont on considère le monde; le style, c’est la structure visible de notre pensée, c’est l’émergence des structures les plus intimes et multicouches de notre esprit; ce qui constitue le style d’un auteur, c’est sa laborieuse tentative de selectionner et de juxtaposer avec le plus grand scrupule possible les éléments qui sont à la disposition de tout le monde tout comme un maçon qui fait monter brique à brique un édifice; le style, tout comme les temples hindous qui renferment l’âme d’une divinité c’est une construction qui fait voir la philosophie de son auteur.

Cher jasmin
Le style, c’est l’art de choisir ; comme dans la traduction où le premier mot qui vient à l’esprit du traducteur n’est pas forcément le meilleur, lorsque l’on écrit, les premières structures qui surgissent de notre esprit ne sont pas toujours les meilleures; pour bien écrire, ce à quoi j’aspire, une connaissance approfondie de grammaire est indispensable, une bonne grammaire cimente notre écrit et le rend infrangible, d’ailleurs un vocabulaire vaste et tout particulièrement littéraire qui nous permet de choisir à l’aise les éléments de notre écrit- les mots- c’est le viatique de quiconque écrit ; et enfin, ce qui donne du goût et de l’esprit à un texte littéraire, ce qui l’enjolive, c’est l’utilisation des images, par les images, nous rendons notre pensée plus nuancée et plus compréhensible.
Vahid

dimanche 20 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La troisième partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Inconnu : alors, vous ne devez pas me comparer avec un assassin; vu que ce dernier donne la mort à son assassiné, tandis que moi, je suis la Mort en personne !
_ Le jeune homme : (avec des yeux tout ronds) ça veut dire quoi ?
_ Inconnu : (avec naturel) ça veut dire que, pour moi, ce n'est pas la peine de trouver un motif à fin de mettre les gens à mort; puisque je ne tue ni par plaisir ni par instinct. (Changeant de ton) je tue par devoir.
_ Le jeune homme : ça par exemple ! Mais vous avez quand même l'air d'un homme comme les autres.
_ Inconnu : vous avez raison, mais vous devez aussi tenir compte de ce fait qu'il faut se méfier de l'apparence.
(Il semble que le jeune homme n'est pas totalement convaincu)
_ Le jeune homme : vous n'êtes pas un être humain, donc vous savez ce qui se passe dans les cieux et vous avez peut-être vu ailleurs avec son paradis et son enfer ?
_ Inconnu : (riant) qui vous a dit que cela existe ? Les religions ? (D'un autre ton, mais encore souriant) ils existent, mais non pas comme vous croyez. Ils sont, tous les deux, les notions abstraites; à vrai dire, le paradis et l'enfer ne sont que la transfiguration des actes commis par les hommes en n'ayant pas une même nature: tout homme, quel qu'il soit, a son propre paradis et son propre enfer. Au fait, ces derniers ne sont pas les notions distinctes, mais ce sont l'envers et le revers d'une même médaille et tout cela dépend toujours de la vision qu'on y accorde.
_ Le jeune homme : ce que vous venez de dire me paraît à la fois intéressant et bizarre Mais je ne crois pas que cette idée soit bonne pour les hommes; parce qu'elle n'est pas absolue et les interprétations dont on peut avoir pourraient facilement désespérer les hommes.
_ Inconnu : (avec une légère bouderie) contrairement à vous, je crois que cette idée leur est utile; s'ils savent comment s'en servir. De toute façon, cela, c'est un cadeau destiné aux hommes et envoyé par les dieux. Par conséquent, c'est l'art de chacun de vous de tenter de s'y conformer. A mon avis, la fluidité de cette pensée déboucherait sur ne pas se borner à une époque ayant un peuple particulier. Donc, ceux qui ont le savoir-vivre, atteindront la rédemption.
_ Le jeune homme : (avec désarroi) je ne sais plus quoi dire. Franchement, vous êtes bien doué pour exploiter les mots et je ne suis pas à la hauteur de vous égaler en virtuosité et vous savez de plus comment jargonner pour convaincre l'adversaire.
_ Inconnu : non, vous exagérez ! Pour moi, l'adversaire n'a pas de sens. Je connais cependant les valeurs des mots. (Un silence) vous voyez, ce n'est pas ma langue et pourtant non plus la vôtre; étant donné que vous ne connaissiez guère les subjuguer.
_ Le jeune homme : (avec amertume) oui, vous avez raison.
_ Inconnu : (avec une certaine compassion) ne soyez pas confus. (Après un temps) laissez-moi vous raconter une petite histoire :
_ Le jeune homme : allez-y !
à suivre...
steppenwolf

jeudi 17 mai 2007

La Phénoménologie non pas en tant que telle

L'apparition du monde extérieur à la conscience humaine a quelquefois pour enjeu le sentiment de détresse; ici, je ne me propose pas de traiter la phénoménologie en tant que telle- du fait que cela n'entre pas dans ma compétence scolaire- mais néanmoins je voudrais l'aborder sous une forme tout autre: le phénomèn en tant qu'émérgence de la vrai nature des événements qui nous arrivent et non pas comme apparition des objets qui nous entourent.
Un événement quelconque-politique, familial, naturel, artistique, social...- comme les objets nous est extérieur et du fait de cette extériorité, la conscience en est possible. On dit possible, puisque selon Husserl la conscience est toujours la conscience de quelque chose.
On dit possible encore puisque la conscience de quelque chose n'est pas nécessaire mais contingente, que cette conscience-comme sartre dit au sujet de l'existence-(( il faut que ça vous envahisse brusquement, que ça s'arrête sur vous, que ça pèse lourd sur votre coeur comme une grosse bête immobile)).[1]
La prise de conscience d'un fait, c'est le dévoilement de son essence, et en termes plus précis, c'est la révélation de l'idée, de l'intention ou de la cause qui reposenet derrière ce fait; et cette ((Illumination)) nous aménerait à un sentiment de détresse. Mais la question c'est que pourquoi cela nous amène à un sentiment de détresse?
Ici, je ne suis pas certes décidé à apporter une réponse péremptoire, puisque la tâche d'un penseur-dont j'espère povoir être qualifié- c'est de soulever des questions même assez souvent difficiles à résoudre.

Vahid

[1] -SARTRE,jean paul,Nausée,Gallimard,1938,p.186.

vendredi 11 mai 2007

L'inconnu le plus connu

La deuxième partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
_ Inconnu : votre logique n'est pas la seule qui puisse résoudre les problèmes et n'essayez pas d'aborder toute difficulté moyennant la vôtre. Si vous avez de la patience, je vous dirai après ! Sinon… (Un silence)
_ Le jeune homme : (curieux) sinon quoi ?
( silence)
_ Inconnu : (ayant l'air de détourner la conversation) voyez-vous ce monsieur en costume aubergine qui est assis près de cette jeune fille en rouge ?
_ Le jeune homme : (un peu étourdi) oui, et alors ?
_ Inconnu : (avec naturel) je les connais depuis un certain temps. Quant à ce monsieur, j'avais une mission à exécuter. Mais cette fois-ci, je me suis ravisé au dernier moment à cause de cette fille, tandis que je n'avais pas le droit.
_ Le jeune homme : quelle était votre mission ?
_ Inconnu : (froidement) faire mourir cet homme.
_ Le jeune homme : (tout abasourdi) quoi ?
_ Inconnu : (ironiquement) le trucider !
_ Le jeune homme : (avec incrédulité) non, ce n'est pas possible ! (D'un faux rire) vous plaisantez, n'est-ce pas ?
_ Inconnu : (même jeu) pas du tout !
_ Le jeune homme : alors, vous êtes un assassin… (Un long silence)
(Entre-temps ils échangent des regards et après un certain temps, le jeune homme semble être vaincu dans cette compétition muette)
_ Inconnu : (ayant l'air vainqueur) pas forcément un assassin, mais…
_ Le jeune homme : (lui coupant la parole) mais vous vouliez le tuer, donc vous l'êtes!
_ Inconnu : c'est vrai que mon acte a le même résultat que celui d'un assassin, mais il ne faut pas quand même les comparer.
(Il paraît que le jeune homme n'a rien compris à ce que l'inconnu vient de dire.)
_ Inconnu : ok, je vous donne un exemple. Figurez-vous que vous êtes dans un restaurant; une fois votre repas terminé, vous décidez de partir. Pour payer l'addition, vous faites signe au garçon de venir et avant de partir, vous lui donnez cinq francs de pourboire; alors que ce n'est pas un acte conscient et pourtant vous le croyez ainsi. En effet, c'est votre moral qui vous pousse à cette charité. D'une autre part, un homme amoral pourrait aussi le faire en n'ayant pas la même intention que vous. Alors vous ne pouvez pas les comparer !
_ Le jeune homme : (toujours l'air de ne pas comprendre) que ma mère soit mordue à l'endroit du péché, si je comprends quelque chose à ce patois !
_ Inconnu : (avec un sourire) cela signifie qu'on ne peut pas considérer ces deux actes comparables sous prétexte qu'ils ont le même résultat.
_ Le jeune homme : alors ?
_ Inconnu : alors, vous ne devez pas me comparer avec un assassin; vu que ce dernier donne la mort à son assassiné, tandis que moi, je suis la Mort en personne !
à suivre...
steppenwolf

dimanche 6 mai 2007

Tragédie ou Comédie,Tout est là

Pourquoi lire la tragédie? Pourquoi écrire des tragédies? La vie est-elle tragique? Le dénouement en est-il tragique? Y a-t-il des dénouements tragiques dans la vie qui la rendent par essence tragique? Pourquoi à mesure que l'on prend conscience des circonstences-ontologiquement parlant- où on est jetés, délaissés la vie prend-elle une tonalité plutôt tragique et amère? Pourquoi une vocation pour la littérature tragique-dans le sens le plus vaste du terme- est-elle toujours résérvée à une élite, à des gens assez cultivés de chaque communauté? Pourquoi à mesure que l'on se vieillit, conçoit-on une conception tragique de la vie? Pourquoi être pour la tragédie sans toute fois cesser d'aimer tout ce qui nous donnerait de la joie? de prendre plaisir de l'instantanité de la vie? Pourquoi être pour la tragédie dans l'esprit et néanmoins ne cesser de faire partager aux autres un brin de joie? de faire rire tous ceux que l'on aime? Tout est là!
Vahid

mercredi 2 mai 2007

L'AMOUR OU LA HAINE, TOUT EST LA

Lorsque je m'endors, quelque fois dans la profondeur de mon inconscient, je commence à faire des réflexions, je commence à subir une illumination: des phrases le plus souvent en français commencent à surgir dans mon esprit; et aussitôt je commence à me révéiller, toujours est-il que ma conscience encore engourdie faillit à les laisser tomber dans l'opacité. Et si je n'arrive pas à les rappeler aussitôt, je ne les rappellerai plus jamais.
Ce matin, j'avais une illumination tout autre:
L'amour, c'est l'ignorance des défauts d'autrui; la haine, en voilà la prise de conscience, du coup, l'objet de l'amour est plus digne de la haine que de l'affectiion.
Vahid

A la mémoire de Marcel Proust



Maman me dit:(( tu vas avoir bientôt trente ans))
On se regarde et je souris. J'ai perdu une quantité de mes cheveux, maman a raison, maman se met à rire.
Maman me dit:(( tu dois pas fumer ta pipe, c'est pas bon))
Maman me dit:(( tu as l'air vieux))
Je la regarde, elle a raison, et comme d'habitude je soupire et prends mon thé d'après-midi, maman aussi. Dans l'après-midi, maman et moi avons une cérémonie de thé, on cause, j'aime maman comme à sept ans.
Maman me dit:(( ne t'en fais pas tellement, tu es toujours préoccupé, pourquoi tu regardes toujours dans le vide?))
Je dis:(( non, non, je...))
Maman m'interrompt:(( si, si vieil enfant))
Maman a raison, je regarde toujours fixement dans le vide .
Vahid

IL PLEUT

De nouveau il pleut, de nouveau je me mets à la fenêtre, j'ose même me mettre au balcon, il pleut...
Un pigeon hébété sillonne le ciel mouillé, il fait des tours sans but à la recherche d'un asile; une femme, la tête baissée, est pressée de rentrer chez elle, elle a du pain à la main; j'entends le ciel gronder comme s'il accouchait d'un enfent; il pleut...

Vahid

lundi 30 avril 2007

L'inconnu le plus connu


La première partie :
"Pièce en un seul acte, une seule scène"
(Tout seul, un jeune homme assis sur une chaise, au coin d'un bistro, devant lui, un verre vide sur lequel le jeune homme a fixé depuis peu ses yeux.)
_ Le jeune homme : (au garçon) apportez-moi un autre verre, s'il vous plaît.
_ Garçon : (sèchement) entendu.
_ Le jeune homme : (à part) Que je la haie et je n'aime plus la revoir… (Après un temps, toujours à part) merde à vie ! C'est très bizarre, que l'amour et la haine confinent indistinctement! Un jour deux personnes s'aiment passionnément à point que l'un d'eux ne peut pas vivre sans autrui et un autre jour l'un de ces deux personnes se dégoûte de l'autre…
(Entre-temps un homme élégamment vêtu entre dans le bistro et se dirige directement vers ce jeune homme)
_ Inconnu : bonjour monsieur, pourrais-je m'asseoir à votre table ?
_ Le jeune homme : (noyé dans ses réflexions) bien sûr, asseyez-vous.
(Un long silence)
(Le jeune homme est a bandoné dans ses rêveries ; l'inconnu se met à parler.)
_ Inconnu : je sais bien qu'il y a des tables inoccupées; mais si je ne vous dérange pas, je préfère m'y installer.
_ Le jeune homme : (avec beaucoup d'étonnement) non, non. Pas de tout. Je suis tout à fait à l'aise. Mais je ne sais pas pourquoi vous avez dit cela ?
_ Inconnu : parce que vous avez l'air…
_ Le jeune homme : (lui coupant la parole, un peu pressé) oui, vous avez raison. J'étais un peu plongé dans mes pensées. J'ai sans doute l'air d'un enfant perdu dans un bazar bien peuplé et je ne sais pas ce que je dois faire pour rentrer chez moi. De toute façon, soyez sûr. Vous ne me dérangez pas du tout.
_ Inconnu : merci. En effet, je voulais seulement m'assurer.
_ Le jeune homme : (au garçon): apportez un verre bien rempli à monsieur, s'il vous plaît.
_ Inconnu : (avec calme) non, merci. Je n'en prends pas. (Après une petite pause) apportez-moi une petite bouteille d'eau minérale, s'il vous plaît.
_ Le jeune homme : oh, monsieur. Vous êtes au régime. Mais pourquoi ? Apparemment vous êtes en pleine santé.
_ Inconnu : (même jeu) vous avez certainement raison. Mais je suis un peu prudent. Voilà, tout !
_ Le jeune homme : comme vous voulez ! (À part) et tu dois aussi remplacer tes vêtements d'apparat par un pyjama rayé. Ainsi, cela correspond à ce que tu viens de commander.
_ Inconnu : ha, ha, ha ! Vous avez de l'esprit. (Changeant de ton : toujours calme) mais vous savez, les boissons alcoolisées ne me plaisent pas du tout et en outre, je tiens toujours à être lucide.
_ Le jeune homme : (stupéfait) vous m'avez fait peur. Avez-vous le don de lire ma pensée ? (Un silence) non, ce n'est pas possible !
_ Inconnu : (souriant) bien sûr que non. Je l'ai devinée tout simplement. (Un silence et amical) à propos, si je vous invite à une réception, en petite comité, vous acceptez ?
_ Le jeune homme : (un peu étonné) si vous voulez mais je dois vous dire que cela me semble un peu bizarre; puisqu'on ne s'est pas déjà vus et quand même vous m' invitez chez vous.
_ Inconnu : ne vous étonnez pas ! (D'un ton un peu étrange) moi, je vous connais et je vous ai déjà vu. Mais, c'est totalement naturel que vous ne m'ayez jamais vu, puisque je ne suis pas d'ici et c'est la première fois que je m'y suis rendu.
_ Le jeune homme : (avec un grand étonnement) donc, comment vous m'avez déjà vu, alors que je ne suis pas sorti de cette ville et aussi vous n'y étiez jamais ?
_ Inconnu : votre logique n'est pas la seule qui puisse résoudre les problèmes et n'essayez pas d'aborder toute difficulté moyennant la vôtre. Si vous avez de la patience, je vous dirai après ! Sinon… (Un silence)
à suivre...
steppenwolf

Dans un compartiment



(Dans un compartiment, un homme et une femme,l'un assis devant l'autre, s'entretiennent; l'homme regarde dehors à travers la vitre.)
Homme: tu sais lorsque je te parle,c'est pas dans mes habitudes de te regarder dans les yeux.
Femme: je le sais,je le savais,tu a toujours évité mon regerd, tu a toujours voulu te montrer indifférent .
La première fois,tu t'en souviens?dans le bazar du Caire,que tu m'as pris la main,je t'ai regardé et tu n' as fait semblant de rien;tu as continué à marchander un pyjama avec un marchand ambulant.
Homme:Mais on se connaissait depuis notre enfance.
Femme:Mais c'était la première fois que tu me prenais la main.
Homme:Et qu'est-ce que j'aurais dû faire?
Femme:Me regarder dans les yeux.Lorsqu'on se prend la main pour la première fois,on commence pas à marchander un pyjama.
Homme:Mais tu sais...
La femme l'interrompt brusquement d' un éclat de rire ironique:Moi,je le sais,je le savais,c'est pas dans tes habitudes ...j'en ai marre.
(L'homme baisse la tête et se met à mâchonner avec nervosité sa moustache.)
Femme:D'ailleurs, même lorsq'on se réunissait en petit comité dans un café, tu étais toujours celui qui ne connaissais pas le credo de politesse; tu allais t'amuser à t' entretenir avec Michel ,le patron du café,dans un coins de la salle, des aubergines qu'il cultivait dans son petit jardin.
La tête baissé,l'homme se frotte les mains:D'accord, tu as raison.Mais tu peux pas imaginer que je t'aimais depuis toujours et quand même j'avais pas le courage de le manifester.Tu te souviens du moment où on se réunissait sur la terrasse d'un restaurant?Tu étais toujours entourée de nos camarades ;moi,sous prétexte d'acheter un paquet de cigarettes ou un journal, je me retirais du groupe,j'allais me promener au hazard et je ne revenais qu'assez tard...mais,crois-moi,je brûlais alors de te parler,de te regarder et quand mêm quelque chose d' indéfinissable me pousser à être détestable plutôt qu' à être aimé et...mais quand même je t'aimais sans toutefois pouvoir te révéler ma profonde affection pour toi.
Femme:Je comprends pas,lorsqu'on était ensemble,j'étais au paradis, j'étais ravie d'être au centre d' attention;tout le monde enviait de captiver mon regard mais quand même tu évitais mon regard comme maintenant.
Homme:Mais j'aimais pas ton paradis,non plus ses habitants,quand même si j'étais là,tu aurais été sans doute la cause.
Femme:Tu es méchant avec cet emploi du conditionnel passé.
Homme:tu as raison; si j'étais là,tu étais sans aucun doute la cause.
(Un faible sourire apparaît sur les lèvres de la femme):Merci.
Homme:Excuse-moi ,je voulais jamais dévoiler mes sentiments,je préférais les garder en moi jusqu'à l'instant suprême,comme un cadeau qu'on donne à quelqu'un et son essence reste caché jusqu'au dernier moment.
Femme:Mais qu'est-ce que tu entends par l' instant suprême?
L'homme d' un air peu sérieux:Je t'ai jamais parlé de ma propre parabole?
La femme avec un air assez ironique:Ô sage! Parle –moi de ta propre parabole.
L'homme maintenant assez sérieux:On est tous comme les membres d'une caravane et chacun en sépare à un endroit particulier et de toute façon la caravane fait sa route , l'instant suprême c'est lors de la séparation définitive.
La femme d'un air confondu:Tu parles bizarrement et cela me fait peur.
Homme:Excuse-moi.
Femme:pourquoi?
Homme:Pour te faire peur.
Femme:Je t'en veux pas .
Homme:Je ne dis pas que tu m'en veux.
Femme:Donc?
Homme:Rien,rien.
Femme:Aujourd'hui tu es assez bizarre.
Homme:Non.
Femme:Si,si...
Homme:D'accord,si tu veux...
Femme:je ne veux rien que tu sois clair, que tu me dises ce que tu veux me dire sans compliquer tellement les choses;l'instant suprème, cadeau, caravane, leur rapport avec tes sentiments, je ne comprends rien de tout cela...
(L'homme ne dit rien .)
Femme:J'ai peur Rambert[1], tu comprends? J' ai simplement peur .
Homme:Je te fais peur et quand même tu m' en veux pas...Dora[2],maintenant tu es bizarre.
Femme:Tu me fais peur sans que je puisse t' en vouloir...
(quelques secondes de silence)
Femme:Lorsqu' on était enfants, nous, les petites filles, avions peur de toi, avec ton cimeterre de bois ... visage masqué, tu criais, jouais au bandit... on criait aussi et tu nous poursuivais...
Homme:Je m'intéressais à toi, je courais après les filles parce que tu étais entre elles.
Femme:Et tu finissais toujours par me pendre par la manche, je criais, j'essayais de me débarasser de toi, mes camarades s' arrêtaient à nous regarder...et tu me regeardais à travers les trous de ton masque.
(Les coins des lèvres de l' homme commencent à prendre la forme d' un sourire à peine perceptible; le
train a commencé à ralentir, on entend les sifflements plaintifs du train; l' homme regarde fixement la femme , met son chapeau et se lève)
Homme:Je te souhaite bonne chance.
Femme:On se revoit n'est-ce pas?
(L'homme regarde fixement la femme):Adieu.

rideau


Vahid


[1] -J'ai emprunté ce nom à ((La Peste)) de Camus,le journaliste du roman.
[2]-Je dois ce nom aussi à ((Les Justes)) de Camus, le personnage féminin de la pièce.

samedi 28 avril 2007

Les index de Dieu


On -lorsque je dis ((on)), je veux dire mon ami steppenwolf et moi-alla aux alentours de Tootchal, comme toujours, par mesure de précaution, j'avais sur moi mon parapluie hospitalier; un objet n'est hospitalier que lorsque son possesseur l'est, et cett hospitalité humanitaire a fait bel et bien rougir les jeunes filles de mon pays, il y eut des fois où dans un arrêt d'autobus j'abritai, par des jours de pluie évidemment,une jeune fille alors qu'aussitôt après je me heurtai à une réaction pas si affectueuse à quoi on s'y attend dans des circonstances pareilles.
Sur notre trajet, on aperçut un paysage quasi hivernal dans le lointain, sur un versant - vous pouvez voir sa photo ci-dessus- on s' arrêta et parapluie à la main, je commençai à fumer ma pipe; j'ai promis à ma mère de ne plus jamais fumer, ma mère, la seule personne qui se soucie de ma santé, et quand même dans cette promesse absolue, je vois une certaine relativité; je fumais et regardais ce paysage à côté duquel les gens passaient en toute hâte pour arriver à un endroit qui pourrait leur donner de la paix, de la chaleur et...
On était tous les deux sous le même parapluie ; steppenwolf ne prend jamais son parapluie puisqu'il n'en a pas, il dit toujours(( je n'aime pas le parapluie.)) ;et quand même chaque fois qu'il pleut il vient sous mon parapluie; je fumais et on parlait de ce qui se dressait devant nous : ce paysage qui nous faisait penser aux peintures japonaises...
Ma cérémonie de pipe terminée-je vois toujours une sorte de cérémonie indienne dqns le geste de fumer ma pipe- je fis un demi-tour; l'habitude instinctive qui est en commun entre l'homme et les animaux: regarder en arrière, et pourquoi en arrière? Du fait que c'est l'endroit qui est inconnu de nous; que c'est l'endroit qui reste,dirait-on, toujours dans l'obscurité de notre conscience - et alors je m'aperçus qu'une dizaine de personnes ,juste derrière nous, étaient en train de regarder ce paysage...
On était pleins de joie et de bonheur, on réussit à attier l'attention accoutumée des passants sur ce qu'on eut découpé (voir l'idée de découpage dans Andreî Tarkovski...) de la nature montagneuse...
Et sans laisser de trace, on-les index de Dieu- partit...
Tout le reste du trajet, on chantait à haute voix mon air favori:((Mara bébusse))

vahid

dimanche 15 avril 2007

Quartier Latin, Anarchisme et pipe


Il y a quelque dix jours, dans le Quartier Latin, je rencontrai un homme de presque trente ans, il était assis sur le banc ; et les jambes écartées, il fumait sa pipe; en fait, je venais de partager son banc...j’entammai un dialogue avec lui et pendant notre long entretien, je m’aperçus qu’il était un anarchiste zélé- ce qui me grandement plût- je lui demandai son avis sur l’anarchisme, ce qui vient, c’est ce que j’ai retenu de ce dialogue :

Moi : Qu’est-ce que vous entendez par l’anarchisme?
L’homme : Ce que j'entends moi-même par l'anarchisme, c'est une façon de penser et évidemment de vivre qui consiste à contester, à avoir le courage de dire Non et ce Non -en ce qui me concerne- c’est ma devise anarchique.
Moi : Mais ce Non s'dresse à qui ou à quoi?
L’homme : Ce Non perturbant, c'est une bombe ou une dynamite que j'ai lancée dans ma tête, depuis il y a longtemps, sous les fondements des dogmes qui me sont arrivés héréditairement; je ne suis pas le perturbateur de la société, je suis le perturbateur de ma propre existence déjà préconçue par ma société, ma famille et tout ce qui m’entoure ; je suis anarchiste puisque je veux- je dis avec la plus grande désinvolture possible ((veux)) et j’évite de dire (( voudrais))- me faire le CREATEUR de Moi-même.
Je suis anarchiste puisque j’essaie de redéfinir toutes les notions qui sont sueptibles d’orienter le sens de ma vie, des notions telles que Dieu, mort, religion, au-delà, dignité, vie, politique, pain, affection...
Moi : Donc, vous vous croyez anarchiste à cause de vos redéfinitions éventuellement audacieuses des notions.
L’homme : Absolument, il y a quelques années, je lisais les entretiens d’un théologue chrétien et un intellectuel laïque sur des sujets variés; en matière de religion, je me rappelle très bien, le théologue lui demande :(( vous ne croyez pas en Dieu, n’est-ce pas ?)) et l’ intellectuel laïque lui répond : ((je crois pas en un Dieu barbu)) ; et si on me demande pour quelle raison je me crois anarhiste, je dirai puisque je ne crois pas en un Dieu barbu ; voilà ce point de départ dans le processus de la redéfinition de Dieu .

Au fil de notre causerie, il me révéla qu’il était un écrivain et j’étais intéressé à savoir s’il serait resté un anarchiste dans ce qu’il avait écrit et sa réponse m’étonna :

L’homme : Dans mes écrits je ne cherche pas à dévoiler ce Non anarchique_ puisque je suis pas un propagandiste, je suis un scripteur qui cherche à regarder, à penser et à vivre tout autrement que les autres, et justement cette tâche : chercher à être autre que toute autre personne, c’est ce qui engendre l’anarchie dans un système de fourmis ; dans un système de fourmis , si un ouvrier se soucie de son individualité et s’il veut détruire son éxistence préconçue et se faire le CREATEUR de lui-même, il est nuisible et il sera exclu de sa communauté_ bien au contraire, là (dans mes écrits) je cherche un terrain d’entente , des points de convergeance avec mes lecteurs et non pas une rupture avec eux ; je souligne cette remarque que l’anarchisme _ auquel je me crois fidèle _ comme toute autre idée doit tout d’abord se dégager à travers le trajet parcouru de son partisan : sa vie. Sinon ce ne serait qu’une prétention vaine et absurde, je plaide la cause d’une vie idéaliste, une vie qui cherche à réaliser une idée !

On parla beaucoup et il ne cessait de fumer sa pipe ; dans l’après –midi, on se sépara et je le regardai s’éloigner comme une locomotive qui laisse une nuée de fumée derrière elle .

Vahid

mardi 3 avril 2007

Tragédie du printemps






Je dis :(( ô Dieu déchire ton silence inexorable)) et les épines se mirent en fleurs :




En printemps, j’étais toujours amoureux, je pensais toujours à quelqu’un que j’aimais tellement, une jeune fille frivole, terre à terre, assez souvent bavarde et ...belle; ses défauts, sa frivolité, sa légèrté et sa coquetterie me paraissaient des qualités indiscutables, je retrouvais en elle tout ce qui me manquait : la joie, les éclats de rire, la vivacité, la fraîcheur et la frivolité dont j’avais tellement besoin; la frivolité, le seul divertissement qui vienne encore à mon secours pour me tirer du néant où je suis lancé et délaissé.
Je ne révélai jamais mon amour à personne, mon amour était entièrement taciturne; j’étais aussi indifférent à l’égard de celle que j’aimais que si je ne l’aimais pas, que si même je ne la connaissais pas.
En printemps, ma raison ne fonctionnait plus, elle tombait en panne; comme un ascenseur sur la porte duquel on colle un écriteau annonçant l’arrêt de son fonctionnement, mon allure, mon comportement et tout en moi devenaient ceux d’un ivrogne; mon existence commençait à se révéler à Moi ; elle se mettait à chanceler- comme le feu qu’on fait en pleine nuit, à la montaigne et la flamme en est attisée par le vent qui la fait danser- elle se mettait à danser, je dansais ; JE tournais et TOUT se mettait à tourner autour de moi : la terre, la lune, le soleil, la galexie, les corbeaux qui passaient avec hébétude, les arbres jusqu’alors immobiles dont les branches étant comme les mains relevées d’un religieux dans le ciel pour solliciter la grâce divine, cherchaient la lumière, tout, tout...
En printemps je tombais amoureux d’une jeune frivole que je ne qualifias pas de frivole, mais d’éthérée. Que j’étais fou, en printemps ma raison ne fonctionnait plus.
Au fil de l’année, je redevenais moi-même, automnal, hivernal, froid, circonspect et sage ; je ne dansais plus, je me repliais de plus en plus sur moi-même; je redevenais moi-même, hivernal...

Vahid.Gh

dimanche 25 mars 2007

Fantasme



Je me revois, une autre fois, devant le papier blanc et totalement démuni de pensée ou d'idée à priori pour écrire quelque chose; mais je peux quand-même vous narrer une petite histoire:
" Il était une fois un tout petit bonhomme qui aimait fortement la littérature et qui lisait chaque nuit avant de sombrer dans le sommeil, quelque centaine de pages. Il avait une grande prédilection pour les romans policiers, surtout les parties concernant les crimes et les scènes sanglantes; alors qu'il était, dans sa vie sociale et celle de tous les jours, un homme très timide et tout poltron.
Un jour il décida de vivre et de réaliser l'une des scènes favorites d'un de ses livres dont il rêvait de temps à autre. Il s'agit d'une scène où le protagoniste fit l'amour avec une jolie fille dont il était éperdument amoureux et puis il la décapita tout en versant des larmes sur la tête coupée et en contemplant le sang répandu presque partout. Ce meurtre le fit penser au corps immobiles de sa mère sur le tapis tout rouge da sa chambre au coin de laquelle il se fut blotti en se grelottant.
Voilà, enfin un jour notre petit bonhomme, tout seul avec une jolie fille maigre dans une chambre d'un appaertement au quatrième étage. Après avoir fit l'amour, il sortit apporter un couteau. Dans la cuisine, cherchant le couteau, il jeta un regard dehors par une fenêtre qui donnait sur une rue sombre et déserte et il se rappella inopinément le jour où il avait vu la tête écrasée de sa sœur sur le trottoir taché de sang. Le rappel de ce suicide funeste auquel se rapportaient encore beaucoup de souvenirs amers et qui l'obsédait depuis toujours, le fit plonger dans ses rêveries.
Alors il ne put plus résister à une tentation issue de son inconscient et un instant plus tard on l'eût vu tout déchiqueté sur le trottoir rougeâtre. "

steppenwolf

jeudi 22 mars 2007

PRINTEMPS, FENETRE ET NON - EXISTENCE



Comme bien des fois de ma vie- que las d’un je ne sais quoi d’un prisonnier qui aurait pris habitude à sa prison et les souvenirs d’un passé lointain ; si lointain qu’ils ne puissent résister à revenir dans la mémoire ; qui sont comme les flots de l’océan : les plus lointains sont les plus forts ; qui menaceraient de détruire cette habitude anesthésiante l’auraient mis en désarroi- je me mets à la fenêtre.

Comme bien des fois de ma vie que j’ai mis assez de temps à regarder dehors sans pouvoir ultérierement me rappeler ce que je venais de regarder ni ce à quoi je venais de penser, je me mets à la fenêtre...

Nazanin, be kenare panjereh miravam, mese hamishe in pa –vo-an pa mikonam, bi tabi haye adami ra engari payani nist: Bahare sale ayande zamin hanooz paziraye ghadam haye man khahad bood ? Nazanin, be bahare panjah sale digar ke mi-andisham, delam bishtar migirad engari, bahare har sal khosh-ast, ari midanam, midanam…

Midani Naznin, ama bahare tche sal ha-i ke derakhtane khoshke zemestani bi hozoore man, bi hozoore to, bi negahe man, bi negahe ma be shokoofe khahand neshast, shirini bahare har sal ra dar man talkh misazad Nazanin…

vahid

jeudi 15 mars 2007

Rencontre


Comment s’exprimer? Tout est très compliqué. Il ne sait vraiment rien de ce qui se passe dans le for intérieur des individus, surtout des filles. Dans un bistro, il causait à peine deux heures avec une fille qu'il estimait tout différente aux autres et puis ils se promenaient tous les deux ensemble en faisant un long trajet. Apparemment tout allait bien!
Bien qu'il ait décidé de ne plus se fier aux filles, il vient de confier à l'une d'elles beaucoup d'intimité. Parce qu'il croyait qu'elle le mériterait bien.
Tout est vraiment compliqué. Comment communiquer? Tandis que les mots, ces petites créatures méchantes - qu'on a inventé(e)s en tant que moyen de communication - qui engendrent assez souvent le malentendu, les séparaient davantage.
Depuis le jour où il avait essayé d'être franc, au moins avec lui-même, il savait carrément ce qu'il désirait; mais il ne savait rien du tout de ce qu'elle voulait ou pensait.................. peu import!
***
J'ai lu quelque part un demi-article de Julia Kristeva de son Histoires d'amour dont je vous transpose l'idée (non pas les mots!): " De toute façon, l'amant est condamné à être seul. Pour cette piètre raison qu'il est impossible d'établir une amitié spirituelle avec les autres; et on saura jamais ce qu'a expérimenté autrui. Donc, le langage n'est pas un système de communication. A travers nos expériences, on se rend compte que l'expression de soi-même pour autrui n'est pas une expression compréhensible, voire exprimable... "

steppenwolf

lundi 12 mars 2007

Dehors, il fait Jésus


Je me mets à la fenêtre, dehors il fait Jésus, c'est le terme que j'emploie lorsqu'il fait vraiment beau, que légèrement vêtu, on a tellement envie d'aller à la montagne; que sur un versant solitaire-où on n'entend plus de bruit que celui d'un vent hésitant ,ensoleillé et timide qui va et vient par intermittence- les yeux fermés, on se laisse caresser par le vent; que l'on sent renaître en nous un Jésus, un arbre qui a très envie de se mettre en fleurs, de faire partager aux autres sa joie de vivre .
Je me mets à la fenêtre, dehors il fait Jésus, je ferme les yeux et colle mon front contre la vitre foide, encore hivernale et indifférente; tant de choses commencent à revenir dans ma mémoire, des choses dont l'apparition n'a aucun rapport logique avec cette journée qui veut dire bonjour à ce printemps de mes vingt-huit ans; oh il ne faut jamais rendre compte à personne de l'opacité où, les yeux fermés , je m'enferme assez frequemment devant cette fenêtre dont la vitre embrasse mon front...
Les yeux fermés,comme Marcel dans son lit, je n'ai que des réveils d'un instant; j'ouvre les yeux mais aussitôt après, comme par indifférence, je me cache dans l'opacité reposante: je referme les yeux...
Dehors il fait Jésus...
VAHID

lundi 5 mars 2007

Regard


Par un jour de pluie, la tête baissée, je me promenais sur le trottoir pavé de Vali-Asr[1], comme le plus souvent, j'étais en train de fredonner un air amoureux que j'aime tellement:(( mara bébusse))[2]
J'étais tellement cocentré sur mon air favori que je faisais pas attention à la distance que je venais de parcourir à pied; comme un gramaphone qui tourne infatiguablement un même disque pendant un certain temps, lorsque j'arrivais à la fin de mon air, automatiquement, aussitôt après, je le reprenais avec le même enthousiasme, en fait mes amis me reconnaissent tous à cet air, comme le grand-père de Marcel qui reconnaissait M.Swann à sa voix.
Dans la résidence de l'université, lorsque je fais quelque fois la cuisine ou lorsque je suis en tain de faire la vaisselle ou même lors du rasage, je le chante à voix forte, mais sur le trottoir de la capitale, il faut pas évidemment chanter un air d'amour...
Ivre de cette monotonie anesthésiante, de temps à autre, je levais la tête pour ne pas me heurter à un obstacle inattendu...mais une fois, les yeux levés, mon regard se noua à celui d'une jeune fille qui venait vers moi, on se regarda dans les yeux et...on passa l'un à côté de l'autre sans toute fois se détacher nos regards pleins de désir...je sentais son parfum et je l'avais respiré à pleins poumons, je ferma mes yeux et un leger sourire apparut sur mes lèvres...
On s'éloignait à jamais, alors, je marchait du côté opposé du sien et je repris mon air favori...
Ghesmati,Vahid

[1]-Vali-Asr, c'est les Champs-Elysées de Téhéran.
[2] -La traduction de ((Mara bébusse)) en français, c'est ((Embrasse-moi))

vendredi 2 mars 2007

EVENGILE SELON MOI


Salame[1] à la terre, aux chats solitaires qui cherchent leur nourriture en plein hiver lorsque la nuit tombe, salame à ma mère que j'aime tellement et qui m'a dit il y a à peine quelques jours:((Vahid, tu me manque)) ; et à mon père qui pour l'aisance de sa famille a renoncé à toutes les jouissances de la vie puisqu'il sait qu'il y a des moments où l'homme ne vit que de pain, rien que de pain.[2]
Salame à la lune qui ne cesse jamais de tourner autour de la terre ; à la terre qui tourne infatiguablement dans le vide opaque, même après ma mort; aux feuilles mortes d'automne qui tombent aux pieds des arbres, et qui se décomposent sans jamais pouvoir rejoindre les branches de printemps; au soleil qui, un jour, s'eteindra à jamais.
Salame à la pluie qui tombe rarement dans ma ville natale, au soleil d'été qui a brûlé la peau olive et froissée du front de mon père qui n'est pas dans le ciel , qui rappelle son Fils lorsque celui-ci l'appelle.
Salame aux sourires naîfs de ma nièce ((Chaghayegh)) lorsqu'elle est endormie; aux moments où, par des jours de pluie, on se met à la fenêtre; et à l'homme qui passe alors en toute hâte dans la rue.
Salame à la vie qui est courte et à la mort qui est le destin commun de tous les êtres vivants, salame aux vers qui cherchent la lumière au fond obscure de la terre, salame à l'ombrage des arbres lorsqu'il s'étend, aux coups de vent lorsqu'ils passent et décoiffent nos cheveux; aux fourmis qui cherchent leur chemin dans les pelouses moites, salame aux moments d'abandon, de solitude, d'angoisse et de détresse où on a tellement envie de pleurer mais on ne pleure pas...;aux moments où on pleure, se mord les lèvres ...
Salame aux victimes puisqu'ils sont victimes et non pas parce qu'ils retrouveront le salut éternel, car ils ne le retrouveront pas; salame au sol froid d'hiver qui prendra enfin dans ses bras glacés le corps du Fils de l'homme qui a tellement vécu, couru...
Salame encore aux fourmis qui montent les murs et qui marchent sur le plafond sans toute fois en tomber, salame à la nature morte, aux choses immobiles auxquelles on fixe le regard lorsqu'on fait des réflexions, salame au stylo lorsqu'il n'écrit plus et qu'on jette dans la poubelle d'un geste de négligence.
Salam aux pires moments de la vie lorsqu'on maintient encore un brin d'espoir dans ses mains; salame aux aveugles puisqu'ils ne voient jamais la lumière, salame, salame, salame...

Ghesmati,Vahid






[1] - salame, c'est un terme que les Iraniens emploient lorsqu'ils se rencontrent, c'est l'équivalant de bonjour,salut et bonsoir en français.
[2] -Ici, j'ai fais allusion à un verset de l'Evengile selon Mathieu: ((L'homme ne vit seulement de pain mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu))

samedi 24 février 2007

Tranquilité


Il fait sombre. Le rideau est entièrement tiré encore qu'un petit coin de la fenêtre laisse filler la lumière dans l'obscurité de la chambre où il est assis sur une chaise, près d'un lit, accoudé à son bureau et totalement absorbé dans le clignement de sa cigarette dont on peut bien remarquer le cendre répandu presque partout: sur les livres, dans la tasse à café et même sur une photo; celle d'une fille à peine âgée de 20 ans, quasiment belle, en ayant un petit sourire doux sur ses lèvres. Alors il tire des bouffées par intermittence de sa cigarette puis expire en pleine chambre.
Il ne savait plus s'il fait jour ou nuit. Peu importe! Pour lui, le temps a arrêté son coup.
Le désir de s'en dormir envahit tout son corps, il n'y résiste point. Il se sent couler une certaine torpeur dans ses veines. Aussi ferme-t-il ses yeux................ tranquille!

Steppenwolf

L'amour et la haine sont l'avers et le revers d'une même médaille


J'ai une mauvaise habitude qui m'a été jusqu'à maintenant aussi nuisible qu'utile: lecture au hasard!
Le titre de ce texte, n'est pas le mien mais c'est la citation d'un auteur français dont j'ai oublié le nom, puisque comme d'habitude, un jour dans une bibeliothèque, je tirai au hasard un livre du rayon, et de même je l'ouvris au hasard et je tombai sur cette phrase : ((L'amour et la haine sont l'avers et le revers d'une même médaille.))
Je fermai le livre sans prendre garde au titre du livre ni au nom de l'auteur.
La nuit, dans le lit, avant de me laisser aller dans le marécage du sommeil, comme de coutume je commençai à me rappeler tout ce qui s'était passé dans la journée et aussitôt cette phrase surgit de la profodeur de ma mémoire; je la cosidérais alors très belle mais dans l'abstraction...
En fait, depuis quelque temps j'ai commencé à vivre cette citation ; pour mieux m'exprimer, je suis en train de vivre le revers de cette médaille: la haine! ( j'en ai vécu bel et bien l'avers: l'amour.)
Ne soyons pas dans l'abstraction, comme le moment où, les yeux fermés, j'étais dans le lit, sous la couverture ; pour quelle raison l'amour engendre la haine?
Dans l'un des écrits ci-dessous, j'ai expliqué le lien délicat entre l'amour et l'admiration, en fait lorsqu'on aime quelqu'un, on commence à s'investir dans nos sentiments, on attribue à l'objet de l'amour des qualités dont il est le plus souvent dépourvu; selon l'idée de STENDHAL, on cristalise l'image de celui(celle) qu'on aime: les yeux fermés, on commence à vivre dans l'abstraction comme le moment où j'étais dans le lit...
La tragédie commence tôt ou tard à se former; il nous faudra sortir de l'abstraction , les cristaux formés se révèlent illusoires; des illusions dues à vivre avec une image innocente qui ne s'accorde jamais avec la réalité pas tellement aimante; plus on s'investit dans nos sentiments et admire l'être aimé, plus on risque de vivre une désillusion qui aboutirait à la haine! La haine, la seule chose qui nous soulage et qui nous donne la force de détacher notre affection à quiconque n'en est pas digne.
GHESMATI,VAHID

jeudi 22 février 2007

La vie, une séparation perpetuelle !

Partie1:
Tête rasée, âgé de 18 ans, j'étais au fond d'un autobus qui faisait la route hors de ma ville natalle, Machad.
Je détestais toujours cette ville qui avait conçu en moi un esprit néfaste : ma vie étais ((brouillard, opacité et noirceur))
Lorsqu'on habite, depuis un certain temps, un endroit particulier, on en prend l'habitude; on y devient habitué et mêm si cette habitude nous ennuie de sorte qu'on aspire à le quitter, lors de la séparation définitive, on commence à éprouver de la nostalgie et la tentation de ne pas le quiter ne nous laisse pas tranquille; l'habitude cette poison mortelle qui nous apprivoise, qui commence à couler dans nos veines et qui fait corps avec notre âme.
Au fond de l'autobus, je sentais ma gorge se noyer, je voulais me jeter dans les bras de la première femme qui portait le tchador–tant les femmes en tchador me faisaient penser à ma mère-et fondre en larmes.
J'étais alors un soldat qui par indifférence m'étais jeté dans les bras de l'hasard...
A suivre...
Ghesmati,Vahid

L'amour, c'est l'admiration


Ce que je veux écrire, c'est l'idée empruntée à l'un des dialogues de ((baisers volés)), film du cinéaste français, François Truffaut: ((mais vous savez l'amour et l'amitié, ça marche avec l'admiration.)); on n' aime que lorsqu'on admire et depuis le moment où on cesse d'admirer, notre amour cesse aussi; pourqoi on reste indifférent à l'égard d' un certain nombre d' individus?ce n'est pas évidemment parce qu'on ne les admire pas?
L'admiration-le plus souvent issue des illusions qu'on se fait-, c'est la nourriture de l'amour; quiconque n'est capable d'inspirer aux autres l'admiration n'est guère capable de gagner l'amour d'autrui; et ce qui rend fragile l'amour, c'est qu'on risque de perdre notre admiration pour l'objet de l'amour; cette disparition de l'admiration est évidemment due à la vertu décevante du temps; le temps qui est susceptible de faire disparaître tout, tout, même notre admiration pour l' être qu'on aime tant; voilà la tragédie de la vie.
Ghesmti,Vahid

mardi 20 février 2007

Ecrire

Ecrire, c'est toujours difficile. Non pas écrire; c'est encore pire!
Chaque fois que je me vois devant un papier tout blanc, le stylo à la main, quelque chose de troublant dans l'esprit qui a attendu depuis longtemps son apparition, sous la forme des mots depourvus de sens; je me sens assez incapable pour entreprendre cette tâche qu'est écirire et la blancheur du papier, de plus, me fait vraiment peur.
Alors je me pose toujours, avant d'écrire, cette question: pourquoi écrire? Pourquoi se donner la peine de créer un univers fictif où personne, à part son auteur, n'arrive à le comprendre, ni l'imaginer.
Je ne sais pas exactement pour qui écrire, mais je sais quand même pourquoi écrire. Je n'écrit que pour libérer les mots qui me hante et en donnant naissance à ces petites créatures méchantes que sont les mots, j'ai l'intention d'en dégager un autre sene...

Silence; c'est un peu trop!
Oui, je sais, ne le répète pas, d'accord, tu as raison: le silence a beaucoup de valeur que la parole.
... je me tais...
...
Selon mon maître: "Il y a des paroles à dire. Il y a des paroles à ne pas dire. Et l'essance existencielle de quiconque corresponderait à des paroles ineffables."
...
...
Steppenwolf

lundi 19 février 2007

Andreî Tarkovski et...




PARTIE 2
J' avais tellement soif...
L' avantage des films de TARKOVSKI pour moi consistait à ce fait qu' ils m'obligeaient toujours à réfléchir, puisque dans ses films, on ne suit pas une histoire à proprement parler, dont l'intérêt est suceptible d'absorber un spectateur quelconque, il s'agit plutôt d'un compte rendu poétique de l' état d'âme du protagoniste; ainsi dans ses films y a-t-il plutôt des monologues-qui apparaissent souvent sous la forme d'un arrière-plan sonore des images sur lesquelles le caméra fait zoom-que des dialogues.
La leçon la plus grande que cher TARKOVSKI me livra , c'était le zoom cinématographique: découper une chose des éléments qui l'entourent, qui l'enveloppent si bien qu'à première vue ,elle n'a aucune importance mais à mesure du zoom, elle va être soulignée ; c' est-à-dire découpée de ce qui l' entoure; l'effet zoome joue un rôle très important dans les films de TARKOVSKI :l'art de découper et de souligner ce que le regard accoutumé n' est pas capable de repérer.
Dans les années qui ont suivi mon adolescence , je me suis aperçu que l'art n'est qu'une sorte de découpage, c'est-à-dire mettre accent sur ce qui est apparemment soit négligeable soit tellement latent et caché de nos regards accoutumés.
Un roman, n'est que soit l'histoire de tel ou tel individu , soit celle d'une époque très particulière, alors là encore, il ne s'agit que d'un découpage, en effet l'auteur choisit, sélectionne un élément (un individu, une époque particulière,...) de tout ce qui l'enveloppe(ici, des autres individus ou époques).
Une statue, une peinture, un morceau musical, une photo, etc...ce ne sont que des indications significatives de leur auteur.[1]

[1] -Indication, index et indice ont le même étymon (racine) , lorsqu'on dit indiquer quelque chose, c'est comme si on montrait un objet particulier de l'index; indiquer ,c'est montrer avec précision et c'est là qu'on peut trouver l'idée de découpage.

GHESMATI,VAHID

jeudi 15 février 2007

S.O.S


Au secours,je vous prie, je veux pas être victime. J' entends partout: ((vous êtes tous heureux))
Au secours, je n'aime pas ce bonheur, ni non plus votre paradis, je vous prie, je veux pas être victime; à l' âge de 28 ans, je me sens assez vielli, je veux pas l' être mais je le suis quand même.
Au secours ((Monsieur le...))[1]
Motus, oui, oui, motus et bouche cousue, la grande leçon qui m' est arrivée génétiquement, je l'avais oubliée.
Mais Mesdames et Messieurs, je veux pas être victime.
Trois points, trois traits, trois points[2], je peux pas mieux m' exprimer, je le dit télégraphiquement: S.O.S ,Je veux pas être victime .


Ghesmati,Vahid




[1]-Ic, j' ai fait une douce allusion à ((Le Déserteur )) de Boris Vian.
[2] -S.O.S,c' est une suite de trois lettres aisémént perceptibles de l'alphabet morse, codées par trois point, trois traits, trois points.

mercredi 14 février 2007

Andreî Tarkovski, Photographie et Littérature




partie1 :


Depuis l'âge de presque 15 ans, j'ai commencé à m'intéresser à l'art, en particulier à la photographie et au cinéma; je cherchais à trouver et regarder avec enthousiasme les films des grands ténors du cinéma artistique, j'avais soif...
J' aspirais à me faire un Tarkovski; de mon retour du lycée, j' allais me planter devant les vitres des magasins où on vendais des appareils photographiues et des caméras de 8mm; je regardais les prix ...
A l' époque, je suis pas arrivé à m' acheter un caméra de 8 mm ce à qoui je rêvais partout et sans arrêt, même au fond de la classe ou lorsque mon père me parlait,j' étais toujours ailleurs; par conséquent,depuis, mes rêves d' adolescence restèrent irréalisés; quand même j'avais découvert Andreî Tarkovski,cinéaste russe;j'étais tellement passionné de ses films que j' avais mémorisé presque tous les monologues de son film célèbre ((nostalgia));je l'avais regardé plus de dix fois, j'avias tellement soif...
Lorsque j'étais seul, je récitais les monologues du film et quelque fois dans l' autobus quand j'étais enfoncé dans mes pensées ,soudainement je m'apercevais que l' on me regardais; oui, je récitais les monologues...

à suivre...

Ghesmati,vahid

lundi 12 février 2007

EXODE




Qu'est-ce que j'entends par la contestation?
Je me vois obligé de désambiguiser ce mot ,c'est-à-dire en donner ma propre intérprétation puisque ce terme semblerait au premier abord assez ambitieux et peut-être par conséquent assez absurde.
La contestation ne consiste pas à crier ni à protester à haute voix ni non plus à dire carrément que je pense autrement que vous;la contestation repose ,me semble-t-il,sur cette idée audacieuse d' avoir le courage de bien penser, de faire abstraction de tous les préjugés -qui nous sont parvenus héréditarement et qui tyrannise la façon dont on pense , dont on regarde et en définitif dont on vit -et de faire la tablette de notre esprit rase de ce qu' on nous a dicté en tant que des dogmes inébranlables et ensuite d'essayer de façonner son esprit .
Ainsi la contestation serait-elle plutôt une réflexion muette et taciturne qui ne se manifeste que par le moyen dont on vit; une façon-qui façonne l'ensemble de notre vie et l' armature de notre pensée-de vivre qui consisterait à elle-seule un cri et qui nous rendrait étrangers,fous voire anarchistes aux yeux de nos semblables.




vahid_ghesmati@yahoo.com


mercredi 7 février 2007

EXORDE



nous nous proposons de rendre compte de ce que l'on pense, de ce que l'on regarde et en un mot de ce que l'on vit en tant que deux étudiants iraniens contestataires .